Bauhaus-Universität Weimar

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AMNIOS. 
B. Le liquide amniotique proviendrait des annexes fœtales. — Les uns pensent que le 
revêtement épithélial de la membrane amniotique sécréterait les eaux de l’amnios ; 
d’autres, et Bonnet en particulier, admettent que l’allantoïde, si vasculaire, qui enve¬ 
loppe de tous côtés l’amnios, fournirait une nouvelle quantité de liquide s’ajoutant aux 
eaux sécrétées primitivement par la peau embryonnaire. 
D’autres encore avancent que les gros vaisseaux ombilicaux (artères et veine), au 
moment où ils traversent la cavité amniotique, laissent transsuder une partie du plasma 
sanguin. Sallinger (1875) puis Bar (1881) ont fait un certain nombre d’expériences qui 
démontrent la réalité de cette transsudation. En injectant une solution de ferrocyanure 
de potassium, par exemple, dans la veine ombilicale, on voit, au bout d’une dizaine de 
minutes, le liquide suinter à la surface du cordon et de la partie de 1 amnios qui cor¬ 
respond au placenta. Ce liquide est bien du ferrocyanure de potassium, puisqu’il pro¬ 
duit une coloration bleue au contact du perchlorure de fer. 
En résumé, il est hors de doute que, chez les oiseaux et les reptiles, le liquide amnio¬ 
tique tire son origine du fœtus. Il est probable qu’il en est de même chez les embryons 
et les fœtus de mammifères. Quant à la part que prennent à sa formation les reins pri¬ 
mitifs ou définitifs, la peau (vaisseaux et glandes sudoripares), les vaisseaux de l’allan¬ 
toïde ou du placenta, il est impossible de la déterminer exactement. Ces divers organes 
contribuent probablement dans une certaine mesure à produire une portion plus ou 
moins variable des eaux amniotiques. 
L’anatomie comparée établit un fait indiscutable ; c’est que les eaux de l’amnios sont 
d’origine fœtale. Mais chez les mammifères peut-il s’établir.des échanges entre le liquide 
amniotique une fois formé et l’organisme maternel? Pour montrer qu’il en est ainsi, 
Wiener (1881), puis Bar (loc. cit., p. 73) injectèrent dans les vaisseaux veineux de la 
mère une substance qu’ils retrouvèrent dans le liquide amniotique. Lorsqu’on injecte 
une solution de ferrocyanure de potassium, par exemple, dans la veine jugulaire d’une 
lapine pleine, on voit se produire la réaction bleue, lorsqu’au bout de 25^ minutes on 
ajoute du perchlorure de fer au liquide amniotique. Or le ferrocyanure n’a pas passé 
par le corps de l’embryon, puisque les reins de ce dernier ne donnaient pas la réaction 
caractéristique. . , , 
Ad. Törngren (Comptes rendus de la Société de Biologie, 9 juin 1888) a montré que 
c’est le placenta ou les membranes qui opèrent cet échange entre les matériaux conte¬ 
nus dans la cavité amniotique et ceux qui se trouvent dans les vaisseaux maternels. 
Plus récemment, le même auteur (Biologiska Förenningens Förhandlmgar, 1888-1889, 
p. 66) a repris l’étude de cette question en se demandant si, une fois formé, le liquide 
amniotique reste définitivement enfermé dans l’œuf, ou bien s’il y a une certaine résorp¬ 
tion à la surface de l’amnios, ou une absorption par le fœtus. 
En ouvrant la cavité abdominale et la corne utérine des lapins à la fin de la gestation, 
Törngren a pu lier le cordon ombilical. Après avoir fermé la plaie, il injecta une solu¬ 
tion d’iodure de potassium, soit dans la cavité amniotique, soit sous la peau de la mère. 
Il rechercha ensuite l’iode, soit chez la mère, soit dans le liquide amniotique. 
Ces expériences ont donné le résultat suivant : Une suppression de la circulation dans 
le cordon ombilical et les autres annexes du fœtus altère les échanges entre les matériaux 
du liquide amniotique et ceux du sang maternel. 
Dans les expériences où il injecta la solution d’iodure de potassium sous la peau de 
la mère, le liquide amniotique n’en renferma point, quand le cordon avait été lié. 
Lorsque le cordon n’est pas lié, l’iodure passe alors dans le liquide amniotique. Il fit 
d’autres expériences où il injecta la solution d’iodure de potassium dans la cavité 
amniotique (après ligature préalable du cordon), mais ne put jamais trouver trace 
d’iode ni chez la mère, ni dans les autres œufs. De même le placenta de l’œuf injecté ne 
contenait pas trace d’iode. 
Gusserow confirme les résultats précédents. Il a fait dix expériences, avec injection 
de strychnine dans la cavité amniotique. Trois fois les mères ont été prises de con¬ 
vulsions et ont péri. Sept fois les mères sont restées vivantes, de 40 à 45 minutes après 
l’injection. Mais, les trois fois où les mères eurent des convulsions, les petits furent 
trouvés vivants dans l’utérus, tandis que, dans les sept cas où les mères restèrent vivan¬ 
tes, les petits furent trouvés morts à l’ouverture de l’utérus.
        

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