Bauhaus-Universität Weimar

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ALIMENTS. 
2° Le meilleur rapport nutritif est de 1 à S; soit 1 gramme de matière azotée pour 
5 grammes de matière organique non azotée (hydrates de carbone et graisse); 
3° Sans rien préjuger relativement à la transformation des combustions en travail 
mécanique et en chaleur, il faut ajouter à la ration d’entretien 100 d’aliments pour 
produire 60 de travail. Par conséquent il faudra en chiffres ronds, pour 1. million de 
kilogram mètres une ration supplémentaire répondant à 4 000 calories, ce qui fait envi¬ 
ron 1 000 grammes de sucre ou de protéine; ou encore 420 grammes de graisse. 
Alimentation de luxe. — La question de l’alimentation de luxe ne se trouve pas 
posée aujourd’hui comme elle l’était du temps de Liebig. En effet, il ne s’agissait alors 
que de la consommation, plus ou moins utile des matières protéiques, considérées alors 
comme les seuls aliments plastiques. 
Si, disait Liebig, on ne fait pas de travail musculaire et que par conséquent on n’em¬ 
ploie pas pour réparer les muscles les aliments azotés ingérés, alors on brûle l’excès de 
ces aliments, et ils sont devenus relativement superflus puisque on s’en sert pour la 
chaleur, au lieu de s’en servir pour la reconstruction organique. Mais, pour les raisons 
que nous avons longuement développées plus haut, cette théorie du rôle exclusivement 
ou même spécialement plastique des aliments azotés ne tient plus debout. Nous savons 
maintenant que les aliments azotés sont calorifiques, eux aussi, et même, à poids égal, 
aussi calorifiques que les hydrates de carbone, et d’autre part il est prouvé que les 
graisses et les hydrates de carbone sont aussi plastiques que les matières azotées, et qu’il 
y a fréquemment transformation des uns en les autres, si bien qu’un animal peut vivre 
en ne consommant absolument que des matières azotées, comme le font certains carnas¬ 
siers, qui, avec les matières azotées, trouvent moyen de faire du sucre et de la graisse. 
Donc il ne peut être question de luxe dans ce sens; car, du moment qu’un aliment * 
produit de la chaleur, ce n’est plus un aliment de luxe; de sorte que la question peut 
se ramener à un autre problème qui est aussi fort difficile à résoudre. Est-ce que 
nous produisons par un excès dans l’alimentation un excès de chaleur? Y a-t-il une 
chaleur de luxe? 
Or, si nous mesurons les échanges, nous voyons constamment, une, deux et trois 
heures après le repas, croître énormément la consommation d’oxygène et la production 
d’acide carbonique. Par exemple, Hanriot et Ch. Richet (Trav. du Lab., t. i, p. 480) ont 
vu que, toutes conditions égales d’ailleurs, la proportion d’acide carbonique passait, chez 
l’homme, par le seul fait de l’alimentation, de 0,492 à 0,360. Chez les animaux les chiffres 
sont au moins aussi évidente. Donc nous voyons par le fait de l’alimentation les échanges 
augmenter dans la proportion d’un sixième. 
En même temps la température s’élève légèrement, comme de nombreuses détermi¬ 
nations font appris, si bien que les échanges et la production de chaleur augmentent 
après les repas. Même il est probable que la température augmente moins que n’aug¬ 
mente la production de chaleur, car, après les repas, il y a une dilatation vasculaire qui 
répond à une radiation calorique plus intense. 
Ainsi, à n’envisager les phénomènes que sous cette forme simple, l’alimentation, 
dans la plupart des cas, peut bien encourir le reproche d’être trop abondante, puisqu’elle 
fait croître sans utilité apparente pour l’organisme la consommation chimique et la 
production de chaleur. 
Mais il est presque impossible de décider si cet excès est vraiment inutile. On se 
trouve là en présence de la difficulté à laquelle se heurtent constamment les écono¬ 
mistes quand ils ont à traiter la question du luxe dans les sociétés. Tout dans une société 
peut être à la rigueur considéré comme étant du luxe. On sait que même l’écuelle de 
Diogène a été rejetée par lui ainsi qu’un meuble superflu. Dira-t-on que c’était un objet 
de luxe? Si l’on ne considérait comme indispensable que ce qui suffit à l’entretien 
strict de la vie, on finirait par retrancher à peu près tout ce qui fait la civilisation. 
Lorsque nous prenons dans notre alimentation 120 grammes d albumine et oOO gram¬ 
mes d’hydrates de carbone, il est certain que nous pourrions, sans que notre santé soit 
immédiatement affectée, diminuer notre ration tout au moins d un sixième. La meilleure 
preuve qu’on en puisse donner, c’est que, parmi dix individus de même taille, de même 
sexe, de même race, de même âge, et vivant dans le même pays, les rations varieront 
dans une proportion très forte. Assurément, en prenant au hasard dix personnes, on
        

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