Bauhaus-Universität Weimar

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ALIMENTS. 
cées ou cellulosiques introduites passent dans le tube digestif sans être altérées. Ce 
point spécial et important a été étudié avec soin par beaucoup d auteurs, dont M. Voit 
rapporte les expériences (H. H., t. iv, pp. 472 et suiv.). 
C’est surtout M. Rubner qui a étudié ces imparfaites digestions des aliments végé¬ 
taux, et voici quelques-uns des résultats obtenus. 
Soit 100 la quantité des hydrates de carbone ingérée, quelle a été la proportion 
retrouvée inattaquée dans les matières fécales ? 
Pain blanc........ 1,4 ! Mais........... 3,2 
— ........ 0,8 | Riz............ 0,9 
Pain noir......... 10,9 Pommes de terre..... 7,6 
Macaroni......... 1,2 j Carottes.......... 18,2 
— 2,3 | Lentilles . «....... 3,6 
— 1,6 - ......... 7,0 
Ainsi, chez l’homme, l’utilisation des hydrates de carbone est très complète, quand 
il s’agit de matières amylacées ou sucrées, puisqu’il n’y a guère que 3 à 4 p. 100 de cet 
amidon qui échappe à la digestion. 
Mais quand beaucoup de cellulose mélangée aux aliments, comme, par exemple, 
quand il s’agit de l’ingestion alimentaire faite par les grands animaux herbivores, il 
en est tout autrement. 
D’après Ellenberger (T. P., 1890, i p. 849,), le cheval ne digère que 33 p. 100 de 
la cellulose ingérée, le veau 50 p. 100, le mouton 50 p. 100, le porc 35 p. 100. 
Bien entendu, ces chiffres varient avec le temps. Six heures après l’ingestion d’a¬ 
voine, un porc n’avait digéré que 50 p. 100 des matières ternaires ingérées, et, au bout 
de 26 heures, il restait encore 32 p. 100 des hydrates de carbone (cellulose et amidon) 
de l’avoine à digérer. 
D’après Bunge (/oc. cit., p. 76), on a mélangé de la sciure de bois et du papier à du 
foin, et on a vu que la quantité consommée passait de 30 à 80 p. 100. 
Weiske (cité par Bunge) a essayé de voir, par des expériences faites sur lui-même, 
la proportion de cellulose consommée, et il a trouvé, en se nourrissant de choux, de 
céleris et de carottes, qu’il en consommait 62 p. 100. Knierien a constaté qu’il absorbait 
seulement 25 p. 1O0 de la cellulose de la salade. 
En somme, d’une manière générale, on peut dire que, de la cellulose, il n’est digéré 
que 40 p. 100, et que, par conséquent, les aliments riches en cellulose sont essentielle¬ 
ment défectueux, puisqu’il faut en ingérer 250 grammes pour avoir un effet utile de 
100 grammes. 
Mais les aliments cellulosiques ne sont pas peut-être aussi inutiles qu’on le suppo¬ 
serait d’abord. En effet, ils ont un rôle mécanique, en facilitant l’absorption des élé¬ 
ments, graisses ou albuminoïdes, auxquels ils sont mélangés. Des animaux herbivores, 
nourris sans cellulose, avec des quantités suffisantes, et même trop fortes, de matières 
alibiles, finissent par mourir de volvulus et d’inanition. 
Ce fait qüe les aliments se trouvent mélangés à de la cellulose exerce, sur la quan¬ 
tité de la masse alimentaire à ingérer, et, par conséquent, sur les processus mêmes de 
la digestion, une influence prépondérante. De sorte que, pour bien faire, il faudrait di¬ 
viser les animaux non en herbivores et carnivores, mais en cellulosivores, et non cellu- 
losivores. Car, au lieu d’ingérer 100, il faut ingérer 250, quand les aliments sont cellu¬ 
losiques ; de là la nécessité d’une alimentation très abondante, et d’un appareil digestif, 
intestinal, très long et très volumineux. 
Non seulement, en effet, la cellulose est difficilement assimilable, mais encore elle 
oppose, par sa présence même, une grosse résistance à l’absorption, par les sucs diges¬ 
tifs, des matières albuminoïdes ou féculentes. Chez les animaux qui se nourrissent de 
foin, de luzerne, de paille, de trèfle, les matières albuminoïdes nutritives, perdues au 
milieu d’un grand amas de cellulose, ne sont que très imparfaitement assimilées, et il 
n’y a guère que 30 p. 100 de l’albumine ingérée qui soit absorbée et transformée. La 
moitié de cette albumine passe inaltérée dans les fèces. 
Au contraire, chez les carnivores, les fèces ne contiennent que très peu de matières 
alimentaires non absorbées; par exemple, chez les chiens nourris exclusivement avec de
        

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