Bauhaus-Universität Weimar

ALIMENTS. 
293 
tance destinée évidemment à la nutrition de Tôtre ; et par conséquent à son alimen¬ 
tation. De là la nécessité de donner à la définition du mot aliment assez d étendue pour 
que l’oxygène y soit compris. 
De même, quand on définit l’aliment, il faut songer aussi aux organismes végétaux, 
qui se nourrissent et s’accroissent, et qui, par conséquent, ont,, tout comme les orga¬ 
nismes animaux, besoin d’aliments. 
Aussi toute définition qui ne s’applique qu’aux animaux nous paraît-elle défec¬ 
tueuse. 
Voyons d’abord quelques définitions anciennes. A. Milne Edwards (cité par Bérard, 
T. P., t. i, p. 333) dit : substances qui, introduites dans l’appareil digestif, servent à 1 en¬ 
tretien de la vie. 
Cette définition est bien incomplète, et celle de Bérard (ibid.) ne l’est pas moins : 
substances qui, introduites dans l’appareil digestif, vont ultérieurement réparer les parr 
ties solides, et solidifiables, ou extractives, du sang, et concourent ainsi à l’entretien de 
la vie. 
Le tort de ces deux définitions, c’est qu’elles supposent l'introduction dans le système 
digestif. Or l’absorption parle tube digestif n’est pas nécessaire. Par exemple, on concoij: 
que des injections péritonéales ou sous-cutanées de bouillon ou de lait puissent etre ali¬ 
mentaires et servir à la nutrition. 
Claude Bernard-dit que la délimitation entre l’aliment et le poison est impossible à 
faire (Subst. toxiques et médicamenteuses, 1837, p. 38). Toutefois il essaye deles distinguer 
en disant que les aliments sont des substances nécessaires à l’entretien des phénomènes 
de l’organisme sain, et à la réparation des pertes qu’il fait.constamment. C’est une défi¬ 
nition très générale, certainement meilleure que les précédentes. Elle [a le grand avan¬ 
tage de s’appliquer à la fois aux végétaux et aux animaux, et de permettre de ranger 
l’oxygène parmi les aliments. Cependant elle est peut-être un peu trop longue pour une 
définition qui doit toujours être courte et claire. 
Oré (Diet. méd. chir. prat., art. Aliments) définit l’aliment : toute substance solide ou 
iquide qui, après avoir subi, dans l’appareil digestif, l’inlluence modificatrice des diffé¬ 
rents sucs avec lesquels elle se trouve en contact, devient apte à réparer les pertes de 
l’organisme, et (concourt ainsi à son entretien et à son développement. 
Dans ce même article aliments, Oré rapporte encore d’autres définitions de Brachet, 
de Corvisart, de Magendie. Elles sont toutes également fautives, ni meilleures ni pires 
que celles d’ORÉ. 
Voit (H. H., t. vi, p. 330) appelle aliments toutes substances qui apportent un élément 
nécessaire à la constitution de l’organisme, ou qui diminuent (ou empêchent) sa dénu¬ 
trition. 
C’est là une définition très vaste, mais bien obscure, et qui a cet avantage d’intro¬ 
duire la notion nouvelle des aliments d’épargne, dont il faut tenir compte dans toute 
définition complète. 
D’après Viault et Jolyet [T. P., p. 116), les aliments sont les matières premières qui 
servent à la fabrication des matériaux de rénovation de l’organisme. 
Langlois et de Varigny (T. P., p. 23) disent que les aliments sont les combustibles 
nécessaires à l’entretien de la machine animale, à sa production de chaleur et de force. 
Mais c’est là une définition incomplète; car l’eau et le chlorure de sodium, qui ne sont 
pas des combustibles, sont cependant à coup sûr des aliments. 
Duclaux (Ann. Inst. Pasteur, 1890), examinant à propos d’un cas particulier l’extension 
qu’il convient de donner au mot aliment, est amené à en poser la définition suivante : 
« Est réputé aliment tout ce qui contribue à assurer le bon fonctionnement de l’un 
quelconque des organes d’un être vivant » (p. 750), et il en -conclut que l’alcool est 
un aliment, « ... par cela seul qu’il peut servir dans certaines conditions à exciter l’ac¬ 
tivité cérébrale ». Mais à l’envisager ainsi, une pareille définition apparaît évidemment 
comme trop large; toute la thérapeutique, comme toute l’hygiène, y seraient com¬ 
prises. 
Enfin Littré (Diet, de la langue française, art. Aliments, p. 107, t. i) définit l’aliment : 
matières, quelle qu’en soit la nature, qui servent habituellement ou peuvent servir à la 
nutrition.
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.