Bauhaus-Universität Weimar

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ALGUES. 
baryum et les phosphates sont toxiques pour les animaux, et les sels de rubidium, de 
lithium, et les iodures pour les plantes supérieures. 
Les iodates sont vénéneux pai’ce que les sécrétions acides (des racines) mettent en 
liberté de l’acide iodhydrique, qui par oxydation donne de l’iode libre. Les nitrites 
sont également toxiques, parce que de l’acide nitrique est mis en liberté par le même 
procédé. Cet acide, en s’emparant des groupes amidés de l’albumine active, tue le pro¬ 
toplasme. 
Les Spirogyres, en effet, dont le contenu est neutre, ne sont pas tuées par les nitratés. 
L’acide nitrique libre, le bichromate de potasse, le chlorate de potasse, les sels d’hy- 
droxylamine (AzH2OH), l’arséniate de potasse, sont toxiques; l’arsénite de potasse, au 
contraire, ne l’est pas. 
La toxicité de l’acide cyanhydrique provient peut-être de ce que l’aldéhyde du proto¬ 
plasme, comme toutes les aldéhydes, se combine avec la plus grande facilité à cet 
acide, d’où la privation pour la molécule d’albumine de ses groupements aldéhydiques. 
La question de savoir si l’aldéhyde formique ou ses combinaisons peuvent nourrir cer¬ 
taines plantes, en particulier les algues, présentait un intérêt particulier. Cette aldéhyde 
s’est montrée constamment nuisible pour les Vaucheria et Spirogyra. L’aldéhyde for¬ 
mique ou l’alcool méthylique peuvent prendre naissance aux dépens du méthyla 
CH2(OC2H2)2, par action de l’acide sulfurique. Peut-être un processus semblable se trouve- 
t-il réalisé dans le chimisme de la chlorophylle. Or le méthylal peut nourrir les Spiro¬ 
gyres et les Yauchéries, mais il ne donne pas lieu à la formation d’amidon. 11 est vrai 
que les bandes chlorophylliennes des Spirogyres, après un séjour de trois semaines dans 
une solution de méthylal, et à l’obscurité, étaient si réduites dans leurs dimensions, que 
tout faisait prévoir leur mort prochaine. A la lumière elles reprirent vie. Cette réduction 
dans les dimensions, cet amaigrissement, si l’on veut, s’expliquerait par le manque 
d’azote. Les Yauchéries fabriquent de la cellulose en présence du méthylal, ce qui 
tendrait à prouver qu’un hydrate de carbone se forme aux dépens du méthylal, hydrate 
susceptible de se transformer en cellulose. Dans les essais avec la cyanliydrine, de 
laquelle on peut séparer l’aldéhyde formique et l’acide cyanhydrique, on ne remarque 
pas la formation d’amidon, mais bien des altérations de la bande chlorophyllienne. 
Loew et Bokorny croient cependant à la formation de l’amidon, aux dépens de la 
formaldéhyde, parce que les bactéries prennent de la cellulose aux dépens du mé¬ 
thylal, de l’alcool méthylique, des sels sulfo-méthyliques, ou de l’hexa-méthylènamine. 
C’est à cette formation de cellulose que vraisemblablement sert la formaldéhyde qui a 
été formée aux dépens des combinaisons ci-dessus, ou bien dont la synthèse a été 
faite pas les bactéries aux dépens de groupements CH3. 
Loew (Sitz. ber. Bot. Ver. München. Bot. Central., t. xlviii, pp.250-2Ö1) a expérimenté 
l’action du cyanure de sodium'sur les algues. 
Ce sel est pour la plupart des cellules végétales un poison énergique, mais il n’est 
pas toxique pour les algues et les champignons. Dans la solution au 1 /1000, les Diatomées, 
Desmidiées et Oscillariées ne meurent qu’au bout du troisième jour, les Spirogyres peu¬ 
vent y végéter pendant 10 jours. En une solution plus étendue, ce sel serait même peut- 
être un aliment, cardans la solution àl/10000,ces algues restent vivantes, et les Vaucheria 
y poussent de nouveaux utricules en grand nombre. 11 est vraisemblable que l’acide 
cyanhydrique se transforme dans les cellules des algues en AzH3. 
Le méthylal est un bon amylogène, mais c’est un corps facilement dédoublable en 
alcool méthylique et en aldéhyde formique; comme la plante peut produire de l’amidon 
aux dépens de l’alcool méthylique, il est impossible, en opérant avec le méthylal, de 
déterminer la part qui revient, dans l’amylogenèse, à l’aldéhyde formique. 
Aussi Bokorny a-t-il employé dans des recherches ultérieures (Ber. d. Deutsch, bot. 
Gesellsch., 1892, fasc. 4), l’oxyméthylsulfite de sodium, auquel Loew avait reconnu des 
propriétés nutritives et amylogènes. A température peu élevée, ce sel se décompose en 
aldéhyde formique et sulfite acide de sodium. 
Spirogyra majuscula supporte bien la solution au millième du sel ci-dessus. La plante 
vivant à l’air et à la lumière foi’me plus d’amidon, lorsqu’elle reçoit cet aliment, que 
lorsqu’elle n’en reçoit pas. Si on place l’algue à la lumière (condition indispensable à 
l’amylogenèse, dans ces circonstances expérimentales) et qu’on la prive de CO2, il ne se
        

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