Bauhaus-Universität Weimar

168 
ALBINISTE. 
préjugé, à tout prendre. Chez elles l’albinisme n’est point héréditaire : une plante 
panachée donne des graines fournissant presque invariablement des sujets normaux, et, 
pour multiplier les individus panachés, les horticulteurs ont de préférence recours à la 
multiplication sexuelle, au bouturage, aux greffes, etc., c’est-à-dire aux procédés qui 
prolongent l’individu, s’il est permis de s’exprimer ainsi. Au reste cette prolongation 
sans intervention de la reproduction sexuelle peut, sans doute, s’opérer durant des 
années et des siècles, sans inconvénients pour la vigueur des individus : la pomme de 
terre, le bananier, YElodea canadensis, la canne à sucre, etc., en sont des exemples familiers. 
L’albinisme chez les végétaux ne se localise pas aux feuilles : il peut encore envahir la 
fleur, le fruit. Les plantes à fleurs albines ne sont pas rares : la corolle, au [lieu d’être 
rouge ou bleu, par exemple, est blanche, et, contrairement à ce qui se passe pour les 
feuilles, l’albinisme de la fleur se transmet volontiers par voie sexuelle, et dès lors on 
possède une race albine. Les fleurs jaunes sont moins sujettes à l’albinisme que les 
rouges ou les bleues. L’albinisme des fruits est également héréditaire : on connaît les 
races décolorées de fraisiers et de framboisiers, dont les fruits, à maturité, sont d’un 
blanc jaunâtre. Il est à peine besoin de faire remarquer que l’albinisme n’a de commun 
avec la chlorose ou l’étiolement que l’apparence extérieure : le mécanisme, la cause sont 
très différents, et le traitement classique de la chlorose végétale demeure absolument 
sans effet sur l’albinisme. 
Ceci dit sur l’albinisme chez les végétaux, passons aux animaux. Chez eux aussi, il 
est d’observation quotidienne, et dans tous les groupes. Chez les invertébrés terrestres 
ou aquatiques, il n’est point rare : de tous côtés on en voit signaler des exemples. Les 
entomologistes ou les malacologistes en particulier en ont recueilli beaucoup de cas, 
et les publications spéciales en font foi. (Pour les insectes, voir en particulier YEntomo- 
logist’s Record and Journal of Variation). Parmi les vertébrés il en va de même : les 
poissons albins ne sont pas rares, et le poisson rouge en offre de nombreux exemples. 
Les batraciens semblent plus réfractaires ; cependant Harting (J.-E.), à une séance 
de la Linnean Society, en 1891, a présenté une Rana temporaria albine, et il a remar¬ 
qué à ce propos qu’il n’a pu recueillir dans la bibliographie que quatre ou cinq cas 
analogues. Peut-être n’était-il pas bien au courant des travaux faits sur le continent, 
car Fatio a signalé un Rombinator igneus albin en 1892; Lataste a observé 1 albi¬ 
nisme chez une grenouille rousse et plusieurs têtards de Pélodyte; Héron-Royer l’a vu 
chez des Alytes ; Pavesi chez des grenouilles vertes, et Lesson, en 1881, chez la grenouille 
rousse. Les tritons sont parfois atteints d?albinisme, et chacun sait que l’Axolotl le pré¬ 
sente aussi : il existe une race albine due à Duhéril qui a opéré là une intéressante expé¬ 
rience de sélection ; la race persiste — et l’albinisme aussi, — et se reproduit parfaitement. 
Peut-être l’albinisme est-il rare chez les reptiles. En tous cas nous n’en trouvons guère 
d’exemples. Chez les oiseaux, par contre, ils sont nombreux. Le merle blanc existe 
ailleurs que dans la fable, il est même relativement fréquent; le serin blanc existe aussi, 
et le quartier Latin en possédait un, vers 1876, qui était bien connu des élèves des lycées 
dans les cours desquels il se montrait volontiers; le corbeau quitte pafois sa parure 
de jais pour un costume blanc pur, et le Zoologist et l’Essex Naturalist renferment 
plusieurs autres exemples de ce genre. Chez les mammifères enfin, les cas sont en 
assez grande quantité pour qu’un naturaliste italien ait jugé utile d’en dresser le cata¬ 
logue, et la Liste générale des mammifères sujets à Valbinisme, dressée par Elvezio Can- 
toni, traduite en français avec additions par Henri Gadeau de Kerville, complète avan- 
geusement les indications données sur ce sujet par Godron dans son livre sur l’Espèce. 
Cantoni a relevé 79 espèces présentant l’albinisme à des degrés divers, et Gadeau 
de KERvrLLE complète sa traduction et ses annotations par une note publiée en 1891 sur 
l’albinisme chez le lapin de garenne et la bécassine. Bref l’albinisme s’observe chez beau¬ 
coup d’animaux, aussi bien à l’état sauvage qu’à l’étaL domestique. A l’état sauvage il 
existe même chez quelques-uns un albinisme périodique intéressant. Les mammifères 
et oiseaux des régions neigeuses, au nord des continents américain et asiatique, sont 
en effet vêtus de blanc en hiver, et en été leur pelage ou plumage est coloré. 
L’albinisme présente des degrés chez les animaux comme chez les végétaux. 
G. Frauenfeld (Farbenabweichungen bei Thieren, dans les Verhandl. d. Zoo/. Bot. Vereins, 
Vienne, 1853) a tenté de classer les différents types observés, et voici sa classification :
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.