Bauhaus-Universität Weimar

ACUITÉ VISUELLE. 
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temps de bien reconnaître les lettres. On devine beaucoup de lettres; on devine même 
des mots entiers. L’acuité visuelle est donc reléguée au second plan dans la lecture. 
Landolt ^t Lemaire ont récemment étudié la forme des mouvements oculaires dans 
Ja lecture et sont arrivés à des résultats sensiblements concordants, et qui ont de l’intérêt 
au point de vue physiologique. On nous permettra d’en dire un mot, attendu que cette 
question a quelques rapports avec celle de l’acuité visuelle, bien qu’elle ressortisse 
plutôt à l’article Vision. 
L’œil qui compte un certain nombre d’objets similaires alignés, celui qui lit, ne suit 
pas la ligne (d’impression par exemple) en avançant uniformément, mais par bonds, 
par saccades. Il divise donc la ligne en segments, dont chacun est déchiffré avec le regard 
immobile, puis on passe à un autre segment. Chaque saccade a un minimum d’excur¬ 
sion de 5 degrés environ. Mais elle ne descend à cette limite que lorsque pour l’une ou 
l’autre raison le texte est difficile à déchiffrer. Toutes choses égales d’ailleurs, notam¬ 
ment la distance du texte à l’œil, les 'segments en question sont plus grands dans le 
cas d’un texte facile à lire; ils deviennent plus petits dans le cas contraire. L’œil trouve 
donc de l’avantage à ne pas exécuter de mouvements trop petits. En moyenne, et pour 
un texte ordinaire, ils sont plus petits que les longs mots, et plus grands que les petits. 
L’œil, en divisant les lignes en segments, ne se guide pas, ou au moins pas exclusive¬ 
ment sur la longueur des mots. — On pourrait songer à mettre l’excursion de ces mou¬ 
vements en rapport avec l’acuité visuelle du centre physiologique de la rétine, et sup¬ 
poser que le mininum d’excursion a pour but de faire tomber chaque segment d’une 
ligne sur la portion de la fovea centralis dont l’acuité visuelle est un maximum (Voir 
plus loin). Il ne semble pas en être ainsi, car dans cette hypothèse l’excursion de la sac¬ 
cade devrait rester la même lorsqu’on éloigne le livre. Au contraire, cette excursion 
(angulaire) diminue lorsqu’on éloigne le texte (Landolt). Quelle que soit la, distance à 
laquelle s’effectue la lecture d’un même texte, le nombre de lettres par section ne varie 
guère, ou même pas du tout (Lemaire). Ce fait est certainement contraire à ce qu’on 
aurait supposé a priori. Pour en pénétrer la raison, voyons ce qui se passe lorsqu’on 
essaye de compter une série de petits objets similaires et alignés. Si on éloigne de plus 
en plus l’objet, on arrive à un point où l’on ne peut plus les compter, alors qu’ils 
demeurent encore parfaitement visibles, c’est-à-dire distincts l’un de l’autre. La raison 
principale, à notre avis, est que notre faculté de compter simultanément, et avec le 
regard fixe, un certain nombre d’objets similaires est très réduite, rudimentaire même, 
si tous sont vus distinctement. Cette numération est une opération de l’esprit, autant 
et plus qu’une fonction de l’acuité visuelle. En tant que dépendant de l’acuité visuelle, 
elle ne nécessiterait pas une diminution 
    

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