Bauhaus-Universität Weimar

ACUITÉ VISUELLE. 
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de la reconnaissance d’objets terrestres, on rappelle que, dans les Andes, les compagnons 
d’A. Humboldt reconnurent l’approche d’une personne attendue, à la distance de près 
de 4 milles géographiques. L’impression rétinienne était certainement punctiforme; à 
cette distance la personne en question ne se présentait que sous un angle (visuel) de 
7-12 secondes. 
De même aussi l’oiseau de proie qui, d’une hauteur très grande, aperçoit une proie 
relativement petite sur le sol, et se précipite sur elle, le fait en vertu d’une autre fonc¬ 
tion que l’acuité visuelle. Dans toutes ces circonstances, la connaissance a lieu parce 
qu’un point lumineux (ou opaque) se meut d’une façon spéciale, ou apparaît en un endroit 
et à un moment où pour des motifs divers ilne peut guère être produit par un autre objet. 
Elle n’a pas lieu parce que la forme, les traits, ou quelque détail dans l’apparence 
auraient été reconnus. Il s’agit là de la perception d’un point lumineux, tandis que pour 
l’acuité visuelle il s’agit de la distinction de deux points plus ou moins rapprochés. 
La perception d’un point lumineux est avant tout fonction de l’éclairage de ce point, 
tandis que le pouvoir de distinction, l’acuité visuelle de l’œil, tout en étant, dans une 
certaine limite, fonction de cet éclairage, dépend cependant beaucoup plus de plusieurs 
autres facteurs, notamment de l’indépendance fonctionnelle des unités rétiniennes pho¬ 
to-sensibles, et beaucoup plus de la netteté des images rétiniennes. 
La perception d’un point lumineux dépend du « sens de lumière » qu’il ne faut pas 
confondre avec le pouvoir de distinction. Ainsi que nous allons le voir, la perception 
lumineuse peut être très développée, alors que l’acuité visuelle est nulle ou à peu près. 
Le sens du toucher présente deux faces comparables aux deux facultés visuelles que 
nous voulons différencier ici. D’une part il y a la sensibilité à la pression, mesurée par 
le minimum de pression perceptible, et d’autre part la faculté de distinguer deux impres¬ 
sions tactiles voisines. Celle-ci se mesure à l’aide du compas de Weber ; elle est en rai¬ 
son inverse du minimum d’écart des deux pointes du compas qui permet encore de dis¬ 
tinguer les deux impressions voisines. 
Soient (fig. «13) a et b deux points lumineux formant sur la rétine les deux images a et 
ß, qui peuvent dans certaines circonstances être perçues comme deux points distincte 
Lorsque la distance a ß entre les deux images rétiniennes diminue au delà d’une cer- 
d 
Fig. 13. 
taine limite, soit parce qu’on diminue l’écartement des deux points lumineux, soit 
parce qu’on les éloigne de l’œil, ils confluent pour notre sens intime, ils sont perçus, 
comme un seul point. Plus la distance a ß peut devenir petite sans que les deux points 
confluent, et plus aussi le pouvoir de distinction de l’œil, c’est-à-dire son acuité visuelle 
sera grand. 
Nous ne pouvons pas mesurer la grandeur rétinienne a ß, mais l’angle visuel acq 
(c’est l’angle délimité par les deux lignes droites qui relient les deux points lumineux 
au centre optique de l’œil) sous lequel se présentent les deux points lumineux, angle que 
nous pouvons mesurer, constituer une espèce de compas pour les mensurations des éten¬ 
dues rétiniennes, car il est proportionnel à la grandeur rétinienne a ß. Plus l’écart entre 
les deux images rétiniennes punctiformes augmente ou diminue, et plus aussi aug¬ 
mente et diminue l’angle visuel : l’une grandeur est en raison directe de l’autre. 
Dès lors, nous pouvons substituer l’une à l’autre, et dire que l’acuité visuelle est en
        

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