Bauhaus-Universität Weimar

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ACTINOMYCOSE. 
Les cas d’actinomycose intestinale primitive s’expliqueraient bien par l’ingestion de 
viande provenant d’animaux contaminés : porc ou bœuf. La viande de bœuf est souvent 
infectée, surtout en Allemagne, en Angleterre et en Russie. On a voulu incriminer d’une 
façon toute particulière', les viandes américaines. Mais il resterait à démontrer que les 
kystes intramusculaires actinomycotiques, bien étudiés par Duncker et Virchow .et dif¬ 
férenciés par ce dernier des kystes de trichine, peuvent expérimentalement provoquer 
la maladie. La vitalité du parasite n’est-elle pas atteinte, au moins dans une bonne 
partie des cas, par suite de l’infiltration calcaire, qui envahit le kyste formé autour de 
lui par inflammation interstitielle? A l’expérience de répondre. 
Concluons que l’hypothèse de la vie saprophytique de 1’Oospora est aussi probable que 
pour les Trichophyton el Achorion, et le champignon du muguet, mais que la démons¬ 
tration bien probante, comme celle qu’on a fournie pour Y Aspergillus fumigatus, demeure 
encore à faire. 
Réaction de l’organisme vis-à-vis du parasite.— Dès que le parasite a pénétré 
dans l’organisme d’une façon quelconque, une lutte s’établit entre lui et certaines 
cellules de l’organisme, qui tendent à l’englober et à le détruire. Les phénomènes de 
phagocytose dans l’actinomycose ont été étudiés avec soin dans un récent mémoire 
(Pawlowsky et Maksutoff, Ann. Inst. Pasteur, 1893, 544). 
Longtemps, les observateurs n’avaient pas réussi à voir le parasite au sein de cellules, 
et on admettait que sa propagation s’effectuait par les voies sanguines ou lympha¬ 
tiques, sans intervention des éléments figurés. Ce n’est que récemment que Mar¬ 
chand (Eulenburg’s Real-Encyclopedie, 2e édit.) et Bostrüm (Ziegler's Beitr. zur pathol. 
Anatom., ix, 1890) virent le champignon dans les leucocytes et les cellules géantes de 
l’Actinomycose. Ce dernier auteur admet, à la suite de ces observations, la propagation 
parasitaire par l’intermédiaire des leucocytes, mais seulement dans la région de réac¬ 
tion inflammatoire; il n’admet d’ailleurs pas cette voie à l’exclusion des autres. Fischer 
admet aussi la propagation par les leucocytes, d’après ses observations concordant avec 
celles de Babès sur la présence intracellulaire des filaments du champignon (Virchow's 
Archiv, 1886, cv). 
Sitôt entré dans l’organisme, le champignon, en vertu d’un pouvoir chimiotactique 
positif, s’entoure de phagocytes, ces derniers constitués par des leucocytes mononu¬ 
cléaires et des cellules jeunes du tissu conjonctif. Ces phagocytes se transforment, sous 
l’influence du parasite qu’elles englobent, en grandes cellules épithélioïdes, munies d’un 
nucléole. Le filament ainsi contenu dans le macrophage se développe avec lenteur, jus¬ 
qu’à acquérir la forme en capitule ou radiée, caractéristique. L’hyphe du champignon 
subit des altérations qui témoignent de la lutte engagée entre lui et l’élément phago¬ 
cytaire. Si ce dernier est vaincu, le parasite se développe et produit des colonies qui le 
propagent. La cellule vaincue prend un aspect granuleux, une coloration plus faible du 
protoplasme, une modification de forme du nucléole, ses contours deviennent moins 
nets, et, peu à peu, elle se résout en masses protoplasmiques, sans nucléoles. 
Mais aussitôt, d’autres cellules épithélioïdes entrent en lutte avec le parasite, vain¬ 
queur de la cellule disparue, les portions libres des filaments ou capitules sont englo¬ 
bées par ces cellules épithélioïdes, et la lutte recommence, favorable ou funeste pour 
Y Actinomyces. 
Plaçons-nous dans la dernière hypothèse. Le parasite vaincu prend une forme de 
dégénérescence, une forme d’involution. Il se colore peu ou mal, tandis que le macro¬ 
phage conserve la netteté des contours. L’extremite des filaments mycéliens se renfle en 
massue, de là la forme si caractéristique du parasite dans les granules du pus actino- 
mycotique. On trouve alors un parasite incolore, contenu dans de grandes cellules, puis 
il se trouve disloqué en filaments, en granules, en renflements isolés. Le contour de cés 
divers éléments devient de plus en plus confus, jusqu à confluer avec le protoplasme et 
à devenir invisible. 
Les extrémités en massue des hyphes mycéliens finissent par se détacher, et se tran- 
forment alors en globules hyalins. Ce sont des grains ronds, plus ou moins nombreux, 
libres ou réunis par une substance intermédiaire, de taille variable, sé colorant forte¬ 
ment comme le parasite, par la méthode de Gram. 
Ces globules hyalins sont donc comme dans le rhinosclérome ('Pawlowsky. Ver-
        

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