Bauhaus-Universität Weimar

ACTINOMYCOSE. 
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ser les uns aux autres, ce qui les ferait croire d’un volume double à leur volume réel, 
au moins sur certaines portions de leur longueur. En réalité, il n’y a jamais de véri¬ 
tables anastomoses. Les filaments sont d’abord homogènes, mais, à leur intérieur, ils 
ne tardent pas à se différencier des granulations dont nous avons parlé, et, au bout de 
48 heures, on voit apparaître toutes les formes : en filaments courts ou longs, en 
bâtonnets, en coccus. 
Des fragments isolés du thalle reproduisent, en cultures, un thalle nouveau, de même 
aspect que le thalle issu de la spore, bien que moins régulier au début de sa formation. 
Certains Oospora, tels que O. Metschnikowi, dans certaines conditions de culture qui ne 
sont pas favorables à la sporulation, ne produisent sur leur thalle que des rameaux 
raides, épais, semblables aux rameaux sporifères d’O. Guignardi. Avant la différenciation 
des spores, ces rameaux forment, à la surface de la culture, une couche blanche qui reste 
stérile. 
Le genre Oospora, défini par les caractères que nous venons d’indiquer, se place parmi 
ce groupe hétérogène de formes imparfaites, désigné sous le nom de Mucédinées, et qui 
vraisemblablement ne représentent toutes que des stades d’évolution de champignons 
supérieurs polymorphes, dont l’état le plus parfait est encore inconnu, ou décrit sous 
d’autres noms. 
Nous n’avons pas à insister ici sur ces questions d’ordre purement morphologique, 
et nous n’avons pas à insister sur ce fait, que Y Actinomyces n’est pas une Bactériacée, 
comme on le répète encore fréquemment. Les caractères indiqués suffisent à montrer 
la différence profonde entre ce Champignon et les Bactériacées. 
Parmi les 79 espèces, actuellement classées dans le genre Oospora, l’O. bovis n’est 
pas la seule espèce pathogène : le farcin des bœufs, étudié par Nocard, est causé par 
l’O. farcinica, la pseudo-tuberculose expérimentale d’EppiNGER (dite à tort cladothrytique) 
l’est par 1*0. asteroides. L’O. destructor peut vivre en parasite sur divers insectes, en parti¬ 
culier certains charançons (Cleonus), les larves du hanneton, les vers à soie. 
L’étude des propriétés physiologiques des divers Oospora présenterait donc le plus grand 
intérêt, tant pour la pathologie que pour la physiologie générale. Mais cette étude n’a 
guère été ébauchée que pour l’O. bovis. 
Biologie. — L’Actinomyces est facultativement anaérobie. On a pu en obtenir des 
cultures à l’air libre, mais la culture réussit mieux en présence d’une quantité d’air 
limitée, dans le vide ou en gaz inerte. On peut conserver dans l’hydrogène des cultures 
encore actives au bout d’un an. Le parasiie disparaît très rapidement, quand on permet 
l’accès de l’air dans une culture anaérobie. 
Le champignon pullule entre 35° et 37°, ce qui explique sa multiplication dans le 
corps des mammifères. La végétation se ralentit à 40°-41°, elle s’arrête à 32°. Une tem¬ 
pérature de 70° est mortelle, au bout de 10 minutes. 
Il serait du plus haut intérêt de faire une étude comparative du chimisme des espèces 
pathogènes et des espèces inoffensives : l’O. boVis par exemple et l’O. Guignardi, ainsi 
que de leurs réactions, tant morphologiques que physiologiques, aux divers agents 
physico-chimiques. Bouchard et Charrin ont tout récemment comparé à ce point de vue 
le bacille pyocyanique et 1 ’Oospora Guignardi, dans l’espoir de découvrir la cause du 
pouvoir pathogène du premier et de l’innocuité du second. 
Voici les conclusions de ces auteurs : YOospora est plus sensible aux antiseptiques, 
aux agents atmosphériques, à la pression, à l’ozone, à la lumière, au froid, au vent, 
par conséquent, il y aura des chances pour qu'il soit introduit atténué dans l’orga¬ 
nisme. 
De plus, mis en concurrence avec les bactéries l’O. succombe. 
Il préfère les aliments sucrés, tandis que le bacille recherche les matières protéiques 
qui dominent dans les tissus animaux. Le bacille se développe plus abondamment que 
le champignon dans le sérum; il préfère le rein au foie, c’est le contraire pour 
YOospora, à cause du glycogène renfermé dans le foie. 
En dernier lieu, le bacille pyocyanique a achevé son évolution en 13 ou 20 jours, 
dans un litre de bouillon, il a alors fabriqué ses toxines. Pour arriver au même point, 
le champignon exige 2 ou 3 mois. 
Les causes de l’innocuité de YOospora sont donc : la lenteur de la pullulation, de la
        

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