Bauhaus-Universität Weimar

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BACTÉRI ES. 
difficile de pouvoir se faire une idée un peu complète des conditions biologiques et 
des propriétés physiologiques des espèces. L’observateur qui veut étudier une espèce, 
a grand avantage à l’isoler, à la faire vivre à part, à l’abri des influences défavorables 
à sa vie, en lui fournissant des aliments qui lui conviennent. Il lui est alors facile 
d’obtenir des notions e.\actes sur les phénomènes produits, sur l’action des différents 
agents qu’il peut employer, assuré dès lors que les résultats ne seront pas troublés par des 
inconnues de milieu ou par des interventions étrangères. On a donc cherché à faire vivre 
les bactéries dans des milieux nutritifs artificiels; c’est le procédé des cultures. 
En tenant compte des besoins nutritifs qui viennent d’être étudiés, on est parvenu 
à constituer un certain nombre de milieux de culture où peuvent vivre la plupart des 
espèces connues. Ces milieux sont : les uns liquides, les autres solides. Les premiers 
sont une simple solution de principes nutritifs dans l’eau. Le type en est le bouillon de 
viande. Les seconds sont surtout des gelées à base de gélatine ou de gélose, auxquelles 
on a au préalable ajouté les aliments les plus favorables, sous forme de peptones, de 
sucres, de sels minéraux. Il faut se rappeler que ces milieux doivent être neutres ou légè¬ 
rement alcalins. A l’aide de procédés divers, mis en oeuvre dans les laboratoires, il 
est possible d’isoler les espèces bactériennes, qui, très souvent, se rencontrent en 
mélange dans la nature, et obtenir alors des cultures pures où se manifestent, d’une 
façon certaine, les caractères propres à chacune d’elles. 
Autres conditions de vie. — Influence des agents chimiques. — Les conditions 
d’aliment ne sont pas les seules qui aient une action directe sur la vie des bactéries; 
ces organismes sont, au même titre que les autres êtres vivants, soumis à l’influence des 
diverses conditions des milieux où ils vivent et peuvent voir leurs propriétés se modifier 
lorsqu’ils s’y trouvent en présence de différents facteurs, composés chimiques ou agents 
physiques. Il est, pour elle, des substances et des conditions favorables à l’accroisse¬ 
ment, d’autres qui entravent leur multiplication ou suppriment même complètement la 
possibilité de vivre. 
Aous avons vu que l’oxygène libre était nécessaire à un grand nombre d’espèces, 
les plus nombreuses probablement, les aérobies. En l’absence de ce gaz, elles ne mani¬ 
festent aucun développement. Il paraît cependant leur nuire dans certaines conditions. 
Ainsi Duclâüx a reconnu que bien souvent, quand une bactérie a épuisé son milieu 
nutritif, si elle trouve de l’oxygène en abondance, elle s’affaiblit peu à peu et périt même 
toutefois au bout d’un temps très long. Par contre, si elle n’a à sa disposition qu’une 
minime quantité de ce gaz, sa vilalité se conserve bien plus longtemps que dans le 
premier cas. 
Pendant cette diminution de vitalité, les différentes fonctions sont atteintes et baissent 
successivement, entre autres la virulence, que l’on voit diminuer graduellement, s’atténuer, 
comme on dit, pour arriver à disparaître même entièrement. C’est ce que Pasteur a 
observé le premier en laissant vieillir à l’air des cultures du Micrococcus du choléra des 
poules, alors que d’autres cultures toutes semblables de la même bactérie, maintenues 
à l’abri de l’air, conservaient indéfiniment leur virulence initiale. 
Cet effet atténuateur de l’oxygène paraît n’avoir d’action que sur les éléments végé¬ 
tatifs. Les spores résistent, et conservent la faculté de germer même après un temps 
très long. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’on veut obtenir, par l’action de l’air, des 
cultures à virulence atténuée pour les vaccinations, il est nécessaire d’empêcher la pro¬ 
duction des spores, lorsque la bactérie peut en former dans les conditions où elle se 
trouve. Pasteur et ses savants collaborateurs Chamberland et Roux sont parvenus à le 
faire pour le Bacille du charbon, en le cultivant dans des bouillons à une teippérature 
de 42°-43°. A cette température, en effet, le développement est encore abondant; mais 
la formation de spores est arrêtée. 
Ce que fait à la longue l’oxygène de l’air dans les conditions ordinaires, l’oxygène 
sous pression le produit en très peu de temps. P. Bert a démontré que l’oxygène, 
comprimé à 8 ou 10 atmosphères, arrêtait rapidement la fermentation et la putréfaction. 
Les cellules végétatives sont tuées; mais les spores, comme l’a montré Pasteur à propos 
du charbon, résistent pendant un temps très long. 
Scoutetten, ayant annoncé que la viande putréfiée perdait son odeur dans une atmo¬ 
sphère ozonisée, on attribua bien vite à l’ozone un pouvoir antiseptique que n’ont pas
        

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