Bauhaus-Universität Weimar

AZOTITES. 
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les azotites que l’on trouve parfois dans l’urine, à côté des azotates, proviennent de la ré¬ 
duction de ces derniers sous l’inüuence des phénomènes putréfactifs. L’urine fraîche ne 
contient jamais de nitrites. Ces sels n’apparaissent que lorsque l’urine commence à 
se troubler, mais leur formation n’est pas constante. Ajoutons qu’on les voit appa¬ 
raître indifféremment dans l’urine acide ou dans celle qui est primitivement alcaline 
(Schönbein, Journ. f.prahl, Chem., t. xcn, p. 152, 1864. —F. Rühmann, Z. P. G., t. v, p. 241, 
1881). 
C’est également une réduction des azotates en azotites qui explique, d’après Barth, 
les empoisonnements observés chez les animaux de ferme, lorsqu’il y a mélange acci¬ 
dentel, à l’eau servant de boissons, d’engrais chimiques à base de salpêtre (Barth, cité 
par Binz, A. P. P., t. xni, p. 133, 1881). On sait au surplus que Gayon et Dupetit ont 
démontré la transformation des nitrates en nitrites sous l’influence d’un micro-organisme 
anaérobie que l’on trouve dans les eaux d’égout et dont la présence dans l’intestin des 
herbivores n’a rien que de très vraisemblable (Gayon et Dupetit, C. R., t. xcv, pp. 644 et 
1365, 1882). 
Action physiologique. — Elle a été surtout étudiée par Gamgee (1868), Rabuteau 
(1870), Giacosa (1874), Jolyet et Regnard (1876) et Binz (1883). 
D’après Binz les symptômes de l’empoisonnement par le nitrite de soude se succèdent 
de la manière suivante (Binz, A. P. P., t. xm, p. 135, 1881). Les animaux deviennent 
d’abord mous, somnolents; ils titubent comme s’ils étaient sous l’influence d’un narco¬ 
tique puissant. On observe en même temps des contractions fibrillaires des muscles du 
tronc ou des extrémités et, chez le chien, régulièrement des vomissements. Plus tard la 
respiration devient haletante, difficile, et se ralentit peu à peu jusqu’au moment de la 
mort. Ces symptômes sont les mêmes, quelle que soit la voie d’introduction (buccale ou 
cutanée) du toxique. Avec une dose de Oer,l de nitrite de soude, un lapin meurt en deux 
heures. Dans une expérience de Binz, un chien de 4 ,5 est mort en quatre heures et 
demie après une injection sous-cutanée de 0&r,25 du même sel. 
Le nitrite de soude agit à la fois sur le système nerveux qu’il paralyse, et sur le sang 
dont il transforme la matière colorante en méthémoglobine. Il agit en outre, à la manière 
de l’arsenic, comme un caustique interne (Binz). 
La paralysie du système nerveux commence par le cerveau, puis descend peu à peu. 
Elle paraît être, au moins chez la grenouille, indépendante de l’altération du sang et 
résulter d’une action directe du toxique. Si l’on décapite la grenouille intoxiquée, on 
constate que l’excitation de la section de la moelle à l’aide d’une aiguille ne produit pas 
le moindre mouvement. Le nerf ischiatique ne réagit plus à l’excitation électrique, pas 
plus que les masses musculaires. 
L’action sur le sang est très remarquable. Elle a été observée pour la première fois 
par Gamgee avec divers nitrites ou avec des éthers nitreux tels que le nitrite d’amyle 
(Gamgee, Transmet. Roy. Soc. Edimburgh, mai 1868). Le sang prend une couleur chocolat 
ou terre de sienne, dont l’apparition a été également étudiée par Rabuteau (Gazette hebd., 
1870, p. 116; Éléments de toxicologie, Paris, 1873, p. 198). La capacité respiratoire du sang 
est considérablement abaissée (Jolyet et Regnard, Gazette méd. de Paris, 1876, et Regnard, 
Variât, path, des combustions respirât., D. P., 1878). Ce fait est dû à la transformation de 
la matière colorante du sang en méthémoglobine, altération dont la nature exacte a 
été déterminée d’abord par Giacosa [Das Amylnitrit u. seine therap. Anwend. 2e éd. 
Berlin, 1877). 
Un phénomène directement lié, d’après Robert, à la production de méthémoglobine 
est la dilatation des vaisseaux et la congestion des organes. Du moins Robert soutient 
que tous les agents producteurs de méthémoglobine dans le sang provoquent en même 
temps une telle dilatation. En même temps la pression sanguine s’abaisse (Robert, 
Lehrb. d. Intoxikationen, Stuttgart, 1893, p. 494). 
Enfin Binz décrit encore, comme symptôme constant de l’intoxication parles nitrites, 
la rougeur, la congestion et les taches ecchymotiques de la muqueuse de l’estomac. Tous 
les orgaaes abdominaux sont fortement congestionnés, fait déjà signalé par Rabuteau. 
Même injecté sous la peau, le nitrite de soude agit, de même que l’arsenic, comme un 
caustique interne. 
Binz explique tous ces accidents par une théorie analogue à celle qu’il propose pour
        

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