Bauhaus-Universität Weimar

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AZOTE. 
sable argileux, a donné lieu à une fixation du même ordre de grandeur que celles que 
nous avons citées un peu plus haut. 
Concluons donc : le sol contient des micro-organismes dépourvus de chlorophylle, 
aptes à fixer l’azote, et dont la nutrition est corrélative de la destruction de certains 
principes hydrocarbonés, tels que le sucre ou l’acide tartrique. Il semble utife que 
ces micro-organismes rencontrent, au début, une petite quantité de principes azotés 
afin d’acquérir la vitalité nécessaire à l’absorption de l’azote libre. Si ces principes azotés 
sont trop abondants, la bactérie vivra seulement à leurs dépens. 
Peu de temps après la publication des expériences de Berthelot, Winogradsky, dans 
une note préliminaire, exposait des résultats du même ordre (C. R. t. cxvi, p. 1385). Cet 
auteur, se proposant de chercher s’il existe dans le sol des espèces déterminées de 
microbes fixateurs d’azote, fit une série de cultures méthodiques dans un milieu dépourvu 
d’azote, mais contenant des sels minéraux et du sucre. Bientôt les cultures présentèrent 
des caractères constants : dégagement gazeux, production d’un acide (acide butyrique) 
présence de masses zoogléiques mamelonnées. Ces masses étaient formées par un 
grand bacille, bien développé, colorable par les couleurs d’aniline et contenant sou¬ 
vent des spores. Cet organisme n’a pas encore été isolé à l’état de pureté absolue; il 
est mélangé avec deux autres espèces distinctes, souvent très peu développées. Ces deux 
bacilles, ensemencés à l’état de pureté dans le même milieu indiqué plus haut exempt 
d’azote, n’y croissent pas, ne dégagent pas de gaz et ne produisent pas d’acides. Ces deux 
derniers phénomènes ayant toujours été les symptômes sûrs de l’assimilation de l’azote, 
les deux espèces dont il s’agit ne semblent donc pas pouvoir produire l’assimilation. 
Quant au grand bacille décrit en premier lieu, il possède cette propriété fixatrice, et 
ressemble au Bacillus butylicus ainsi qu’à plusieurs autres organismes du groupe des fer¬ 
ments butyriques. Il fixe des quantités considérables d’azote, et peut-être existe-t-il un 
rapport constant entre la quantité de sucre décomposé et celle de l’azote assimilé. 
Winogradsky a d’ailleurs entrepris une série d’expériences que nous analysons plus 
loin (v. p. 1003) sur l’ensemble de cette question. 
Les nombreuses expériences que nous venons de rappelermontrent par quelles phases 
les recherches sur la fixation de l’azote ont passé avant d’atteindre à ce degré de préci¬ 
sion auquel elles sont arrivées aujourd’hui. Nous pensons avoir fait ressortir tout l’inté¬ 
rêt qui s’attache à cette question de physiologie pure; celle-ci ne constitue sans doute 
qu un des chapitres de la nutrition des végétaux, mais les avantages immenses que 
la pratique agricole peut en retirer n’échapperont à personne. 
Appendice. — Depuis la rédaction de cet article (1894), il a paru un certain nom¬ 
bre de mémoires intéressants sur la question qui nous occupe. 
P. Kossowitch (Botan. Zeit., 1892, 43, 47) a cherché quels étaient les organes (feuilles 
ou racines) qui, chez les légumineuses, absorbaient l’azote libre, Frank ayant prétendu 
que les feuilles seules étaient capables de cette fonction. Kossowitch isole, à l’aide d’un 
dispositif approprié et dont chacun peut se faire une idée, l’atmosphère qui entoure la 
racine, soit celle qui entoure les tiges et les feuilles des plantes soumises à l’expé¬ 
rience : il fait circuler dans l’espace ainsi confiné un mélange artificiel de gaz exempt 
d’azote (oxygène mêlé d’hydrogène, avec addition d’acide carbonique lorsqu’il s’agit 
des feuilles). Le sable qui sert de support à la plante est calciné, on y introduit des 
pois garnis de tubercules. L’auteur conclut de son expérience que les légumineuses 
prennent à l’air leur azote seulement par les racines ; il n’y a pas eu absorption sensible 
de ce gaz, lorsque, les feuilles étant plongées dans l’air ambiant, l’atmosphère des 
racines ne se composait que d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène. Il est également 
vraisemblable que les racines sont le lieu où l’azote passe de l’état libre à l’état com¬ 
biné. 
Nous avons étudié la fixation de l’azote par les algues d’après les travaux de 
Schlœsing fils et Laurent. Ce n’est que lorsque ces algues se développent à la lumière 
que ce phénomène a lieu : à l’obscurité il n’y a pas de développement, et, partant, pas de 
fixation (Koch et Kossowitch, Botan. Zeit., 1893, n° 21, p. 321). 
Revenons sur cette fixation de l’azote par les algues. Les nouvelles expériences de 
Kossowitch ont éclairci plus d’un point important de ce problème et marquent en
        

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