Bauhaus-Universität Weimar

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AZOTE. 
plantes, lesquelles atteignent alors un développement normal et même luxuriant, ce qui 
justifie cette ancienne affirmation connue de tous les praticiens : les légumineuses doi¬ 
vent être regardées, en économie rurale, comme des plantes améliorantes. 
— Un travail d’une pareille importance devait évidemment provoquer des expériences 
de. contrôle dont nous allons parler dans ce qui suit. Mais la plupart des recherches faites 
ultérieurement ont démontré la justesse des vues de Hellriegel et Wilfarth et les ont 
complétées. A peine trouve-t-on quelques idées discordantes dont il convient cependant 
de faire mention, étant donnée la valeur des savants qui les ont émises. 
Dans un long et intéressant mémoire intitulé : Recherches sur la nutrition azotée des 
plantes (Landw. Jahrb., t. xvn, p. 421, 1888, traduction complète dans les Annales de la 
science agronom., t. u, p. 24, 1888), B. Frank fait un historique de la question de l’azote, 
puis il met en évidence, d’une part, les expériences négatives de Boussingault et, d’autre 
part, ce fait, d’une observation journalière, à savoir que les plantes cultivées laissent le 
sol plus riche en azote après la récolte qu’avant quand on compare l’azote de l’engrais 
et celui que contient la récolte. Ses propres essais l’amènent à conclure que l’azote 
élémentaire provenant de l’air est fixé par les végétaux; les composés azotés du sol 
augmentent, la masse végétale s’accroît. Étant données certaines conditions, les plantes 
de la grande.culture peuvent, sans engrais azotés, s’alimenter d’azote puisé dans l’air. 
Mais ce gain d’azote se trouvé constamment diminué par les pertes qui résultent d’une 
série de processus contraires. L’azote, en effet, retourne partiellement à l’état gazeux 
pendant la germination, la putréfraction (Reiset), la décomposition des principes azotés 
du sol, la réduction des nitrates dans un sol privé d’air; il s’en perd une certaine quan¬ 
tité à l’état combiné dans la volatilisation de l’ammoniaque des fumiers et dans l’entraî¬ 
nement par l’eau pluviale des nitrates du sol (Voir aussi : Tacke, Landw. Jahrb., t.xvm, 
p. 439, 1889). Les plantes absorbent directement l’azote, mais les racines ne jouent 
aucun rôle spécial dans ce phénomène. Cette absorption atteint son maximum, ou bien 
devient seulement appréciable, quand la plante est arrivée au stade de son plus grand 
développement ou quand elle porte des graines mûres. Les différentes espèces végétales 
déploient une énergie très inégale dans l’assimilation de l’azote, d’où gain inégal suivant 
qu’on considère telle ou telle plante. Le résultat le plus faible-appartient à la jachère 
dans laquelle les petits végétaux agissent seuls; s’il s’agit de plantes supérieures, le 
gain est plus considérable; les légumineuses donnant sous ce rapport le maximum d’as¬ 
similation. L’azote combiné, acquis sous forme végétale, enrichit Je sol: en effet, celui-ci 
conserve les racines que lui abandonnent les végétaux supérieurs et dont la matière 
azotée par une série de réactions se transforme en ammoniaque, puis en acide nitrique. 
Les cryptogames verts microscopiques meurent, puis sont remplacés par une nouvelle 
génération et enrichissent ainsi le sol en azote. Nous verrons bientôt que ce sont les 
recherçhes de Schlœsing fils et Laurent qui ont précisé le rôle des algues, mais il convient 
de reconnaître que ce rôle a été néanmoins découvert d’abord par Frank {Chem. Centralb., 
1888, p. 1439). Quoi qu’il en soit, ce savant botaniste n’admet pas, comme un fait hors de 
doute, l’existence dans le sol d’organismes fixateurs d’azote, et il nie que les tubercules 
radicaux des légumineuses remplissent, chez les plantes, les fonctions que H'ellriegel 
leur a attribuées à la suite de ses expériences. Frank est revenu plusieurs fois sur le 
rôle que jouent les algues dans la fixation de l’azote (Jahresb. Agrik. Chemie, t. xn, pp. 49, 
127); d’ailleurs celte faculté semble être une propriété de tous les végétaux pourvus de 
chlorophylle sans qu’il soit besoin d’admettre l’intervention d’organes particuliers. Chaque 
fois qu’un sol absorbe l’azote atmosphérique et le change en azote organique, c’est qu’il 
est habité par des algues, tandis que seul, privé de végétation, il ne possède pas cette 
aptitude. La propriété qu’ont les végétaux pourvus de chlorophylle de fixer l’azote élé¬ 
mentaire semble être un phénomène aussi général que la décomposition du gaz carbo¬ 
nique par leurs parties vertes (Frank) (Consulter à pe sujet les expériences de Bréal sur 
le Cresson dans Annal, agron-, t. xvm, p. 396 et celles de Pagno'ul dans C. R., t. ex, 
p. 910). Cependant Frank a constaté ultérieurement, conformément aux vues de Berthe¬ 
lot, que les micro-organismes exempts de chlorophylle enrichissent en azote les terres 
pauvres, même celles qui sont maintenues sans culture. 
Quel est le lieu de l’assimilation de l’azote dans les plantes vertes ordinaires? Frank 
et Otto [Rer. botan. Gesell., t. vm, p. 331) ont institué à ce sujet des expériences qui
        

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