Bauhaus-Universität Weimar

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AZOTE. 
fusion de terre. 1° Effets produits par cette infusion, même à dose très minime. 2° Alors 
que les légumineuses, qui croissent dans un sol non azoté, semblent périr d’inanition 
sitôt que leurs graines sont vidées, elles renaissent subitement à la vie dès que le sol a 
reçu de l’infusion terreuse. 3° Cette infusion est rendue stérile par l’ébullition et même 
par l’application prolongée d’une température de 70°. 4° Les infusions de terre de 
diverses provenances n’ont pas la même influence sur toutes les légumineuses. C’est 
ainsi qu’une infusion provenant de deux terres à betteraves s’est montrée très efficacè 
dans le développement du pois et qu’elle est, au contraire, restée sans action sur les 
autres légumineuses mises en expériences. 5° Les légumineuses peuvent se développer 
normalement dans un sol stérilisé, et sans addition d’infusion terreuse, si on n’empêche 
pas soigneusement l’accès des germes apportés par l’air. 
Il est donc, nous le répétons, une idée qui s’impose à notre attention, c’est celle d’une 
symbiose entre les légumineuses et certains micro-organismes spécifiques pour chaque 
espèce de légumineuse. Hellriegel et Wilfarth conçoivent ici la symbiose comme un 
rapport dans lequel deux végétaux de nature différente exercent réciproquement une 
influence active sur les fonctions de leur existence. Enfin, pour répondre à cette dernière 
objection que, d'après Frank, il y a fixation d’azote sur un sol dont la surface est couverte 
d’algues ou de mousses, les auteurs font remarquer qu’ils ont observé plusieurs fois, 
dans les vases non stérilisés et non couverts d’ouate, des végétations vertes s’étendant 
souvent jusqu’au fond du vase, et que cette végétation cryptogamique n’a eu aucune 
influence,dans leurs expériences, sur la fixation de l’azote (voir plus loin ce qui est relatif 
à la présence des algues vertes). 
Dans la dernière partie de leur mémoire, Hellriegel et Wilfarth traitent la question 
de la présence des tubercules sur les racines des légumineuses, sujet dont nous parlerons 
un peu plus loin avec quelques détails. Mais, pour ne pas interrompre l’exposé de leur 
important travail, donnons de suite les idées émises à ce sujet par les deux savants. Hell- 
riegel rappelle qu’à l’occasion de sa première communication il avait déjà indiqué que 
les organes qu’on appelle tubérosités des légumineuses sont en relation directe avec l’assimila¬ 
tion de l’azote. 
La connaissance de ces tubercules est très ancienne, mais aucune explication satisfai¬ 
sante de leur présence et de la nature de leur contenu n’a encore 4té donnée (ceci, bien 
entendu, au moment où Hellriegel et Wilfarth publient leur mémoire : 1888). 
Les petits corpuscules qui se rencontrent dans les cellules du parenchyme intérieur de 
ces tubérosités ont été longtemps considérés comme des champignons, telle était 
l’opinion de Lundstroem et celle de Marshall Ward. Mais Brunchorst, Tschirch, Frank 
les ont plus tard décrits comme des corps albumineuse se liant à la vie même de la plante. 
Si leur nature est inconnue, leurs fonctions sont également l’objet de nombreuses dis¬ 
cussions. Pour les uns, ce sont des formations pathologiques, pour d’autres, au contraire, 
ce sont des créations normales intimement liés à l’économie de la plante ; Brunchorst 
regarde les bactéroides contenus dans les tubercules comme des productions normales 
du plasma cellulaire. En un mot, tandis que certains expérimentateurs considèrent ces 
tubérosités comme des greniers d’abondance dans lesquels les plantes accumulent des 
réserves azotées, d’autres en font des organes d’assimilation : les uns regardent les 
tubérosités comme la conséquence, les autres comme la cause effective de la croissance 
des plantes. Voici ce que Hellriegel et Wilfarth ont observé au sujet des relations 
entre l’assimilation de l’azote et la présence des tubercules sur les racines des légumi¬ 
neuses. Si on cultive celles-ci en milieu stérile dans un sable dépourvu d’azote, leurs 
racines ne portent pas de tubercules. Dans ces conditions, les plantes ne croissent pas 
et n’assimilent de l’azote qu’en quantité très minime. Dans un sol non stérilisé, mais 
privé d’azote, la production de tubérosités nombreuses sur les racines des légumineuses 
est chose normale : la végétation est alors active et il y a assimilation énergique d’azote. 
Si les plantes se développent dans un sable stérilisé pourvu de nitrates, leurs racines 
ne porteront pas de nodosités, et il n’y aura pas de gain d’azote. Enfin, dans un sol 
non stérilisé et renfermant de l’azote, on observe la formation de tubercules radicaux 
plus ou moins nombreux avec végétation parfaite et gain d’azote constant. La conclusion 
générale de tout ce qui précède doit donc être ainsi formulée : la formation des tuber¬ 
cules radicaux dépend de la présence, dans le sol, d’unjferment organisé actif.
        

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