Bauhaus-Universität Weimar

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MARE Y. 
Depuis que l’emploi du manomètre permet de mesurer avec 
précision cette force impulsive du sang, tous les physiolo¬ 
gistes expérimentateurs appliquent, à chaque instant, ces in¬ 
struments. Ainsi, chaque fois qu’on étudie l’action des nerfs 
sur les mouvements du cœur, c’est le manomètre qu’on inter¬ 
roge ; c’est à lui aussi qu’on demande les effets que la respi¬ 
ration produit sur la circulation artérielle ; c’est encore lui 
qui, depuis la découverte des nerfs vaso-moteurs, doit rensei¬ 
gner sur l'état delà circulation capillaire. 
Or, pour l’interprétation des mesures manométriques, on 
oublie trop souvent que la pression du sang dans les artères 
est soumise à deux influences antagonistes : d’une part, à 
l'action impulsive du cœur qui pousse le sang avec plus ou 
moins de force, d’autre part, à Y action modératrice des petits 
vaisseaux qui, suivant leur resserrement plus ou moins éner¬ 
gique, retiennent le sang dans les artères ou le laissent faci¬ 
lement passer dans les veines. 
Chaque fois qu’il constate une variation dans la hauteur du 
manomètre appliqué sur un artère, l’expérimentateur doit se 
demander quel est celui des deux facteurs de la tension arté¬ 
rielle qui a varié, ou bien si les deux facteurs, la puissance 
et la résistance, ont été modifiés à la fois. En l’absence d’un 
critérium qui permette de trancher en toute sûreté,cette ques¬ 
tion litigieuse, bien souvent les physiologistes ont choisi l’hy¬ 
pothèse qui s’accordait le mieux avec leurs idées préconçues. 
Cette imprudente conclusion a donné lieu à bien des contro¬ 
verses : celles, par exemple, qui se sont élevées entre Von 
Bezold d’un côté, Ludwig et Thiry de l’autre. Von Bezold, 
voyant que chaque tronçon de la moelle épinière, suivant 
qu’on l’excite ou qu’on le détruit, modifie la fréquence des 
mouvements du cœur, concluait que chacun de ces tronçons 
fournit des origines aux nerfs cardiaques. Dour les adver¬ 
saires de Bezold, c’était, au contraire, sur les vaso-moteurs 
qu’agissait la section de la moelle épinière, le cœür n’en 
éprouvant que des effets consécutifs. 
J’ai été moi-mème en butte à des contestations du même 
genre, lorsque je signalai, en 1858; l’influence que la tension 
artérielle exerce sur les battements du cœur. 
Considérant comme trop complexes les expériences' où l’on
        

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