Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoires de M. Marey
Person:
Marey, Étienne Jules
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/image/lit19066/264/
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MAHEY. 
pu opérer. Cette influence cle la translation de l’oiseau éclaire 
un des points les plus obscurs de la théorie du vol. Elle 
explique comment, avec une vitesse d’abaissement très-faible, 
l’aile trouve cependant sur l’air un point d’appui suffisant pour 
soutenir l’oiseau; enfin elle rend compte de certains faits que 
l’observation ou l’expérience avaient démontrés et dont voici 
quelques exemples : 
Quand un oiseau s’envole, les mouvements de ses ailes sont 
très-étendus; ils le sont moins quand l’oiseau a pris sa 
vitesse (1). 
Quand un oiseau vole attaché à un, fil, il tombe, malgré ses 
coups d’ailes, aussitôt que la tension du fil vient arrêter sa 
vitesse horizontale. 
Un oiseau qui s’envole s’oriente autant que possible le bec 
auvent (d’Esterno); c’est,parce qu’alors le vent, apportant 
sans cesse de nouvelles couches d’air sous ses ailes, place 
l’oiseau dans les mêmes conditions que s’il avait une transla¬ 
tion horizontale. 
Quand on attelle un oiseau à un manège (2), on voit que si 
l’on imprime à la machine un rapide mouvement de rotation, 
les battements des ailes prennent une lenteur extrême. La 
révolution de l’aile d’un pigeon peut alors durer plus d’une 
seconde, au lieu d’un cinquième de seconde, qui est sa 
durée moyenne. Comme tout mouvement musculaire se ralen¬ 
tit en raison des résistances qu’il éprouve, cette expérience 
est une des meilleures qu’on puisse donner pour prouver l’ac¬ 
croissement de la résistance de l’air par la vitesse de transla¬ 
tion de l’oiseau. 
Si l’on considère la trajectoire de l’aile dont l’abaissement 
se combine avec la translation de l’oiseau, on voit que cette 
ligne est oblique et qu’elle se rapproche de plus en plus de 
l'horizontalité à mesure que la translation de l’oiseau est plus 
rapide. Or, l’aile, en s’abaissant, reste horizontale dans l’ap¬ 
pareil ci-dessus; il s’ensuit que le plan de cette aile fait un 
angle avec la direction de son mouvement, et que cet angle 
est d’autant plus petit que la translation est plus rapide. A ce 
(1) Voyez deuxième mémoire, t. V, p. 36, fîg. 14. 
t2) Voyez premier mémoire, t. I, p. 221, fig. 30.
        

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