Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[École française]
Person:
Chennevières, Henry/de
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1040305
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-4045351
LES DESSINS DU LOUVRE 
trempées d'un vermillon magique, et suivant, légères, des contours humains. La pierre noire 
fait le guet, prête à balafrer le coloris des visages, des torses, de la soie. De discrètes 
traînées de craie avivent parfois l'aspect; elles sont rares et quasi superflues: l'artiste adopte 
le papier blanc et s'épargne ces rehauts. L'on sent courir ses doigts agiles, tour-à-tour 
esclaves et maîtres de la nature. 
L'encre, les plumes effrayent le génie de Watteau; ou seraient la caresse et l'allure et le 
brillant de son dessin, avec un procédé si ferme et si austère? Il sortait pourtant de l'atelier 
de Claude Gillot, et Gillot était l'homme des sujets écrits. Mais l'élève remarquait vite l'air 
de Sécheresse engendré par le froid de la plume au milieu de scènes galantes ou badines, et 
s'armait du crayon. 
Watteau nous découvre la femme de son temps. Le profil des grecques et des romaines, 
l'idéal marmoréen des statues, ne lui importent guère; mais, l'envisagée du minois, les 
chairs roses du corsage, les relevées de cheveux, le moiré du vêtement, la pointe de la taille, 
les mules à hauts talons, le provocant du pied, du bras, de la main, voila son souci. 
Ah! les mains de femme! Pour elles, il sanguine cinquante et cinquante poses : elles 
retroussent les jupes au pas du menuet, agitent l'éventail, feuillettent un cahier d'a- 
riettes, éloignent un baiser. Elles accordent une guitare, jouent du galoubet, bercent les 
balangoires endormies. Les phalanges s'allongent, l'épiderme se velouté, les attaches se 
laissent conduire. 
Rubens et Gillot inspirèrent Watteau, mais la nature le forma seul. Voyez ces a groupes 
de la kermesse n empruntés par l'artiste au peintre des Flandres; ces mères, ces nourris- 
Sons deviennent francais en dépit de Rubens. Cet homme ignore les pastiches. Ce n'est 
point gageure de tout traduire a sa manière, mais il lui semble avoir vu d'autres villageois. 
Les paysages du Titien se métamorphosent de même sous des hachures verticales. 
La palette de Rubens l'influence davantage. Il l'étudie longuement au travers de cette 
galerie fameuse du Luxembourg ou se déploie l'apothéose de Marie de Médicis. Il discer- 
nait les clartés, les tempérait a son genre, les alanguissait de sa poésie. 
La maîtrise de Gillot se fait sentir surtout dans le choix des sujets, et le glorieux 
disciple lui doit l'agrément légendaire de ses compositions. 
Les toiles de Watteau marquent cette double réminiscence; mais les sanguines sont 
bien siennes. Il les exécutait à l'école de la nature. Nul hasard; la recherche pénétrante, 
les conquêtes laborieuses d'un paysage, d'un corps de caillette, d'une arlequinade de comé- 
diens. 
Le Louvre possède trente-cinq dessins de Watteau, la plupart aux trois crayons. Ses deux élèves, Lancret 
et Pater, ont employé le même procédé. 
CATALOGUE DE nos DESSINS DE WATTEAU  Huit études de têtes diverses.  On remarque trois têtes de jeunes 
nègres, une femme portant collerette, femmes coiffées d'un chapeau de paille.  Acquis 505 francs en 1858. 
Neuf études de têtes.  Acquis 547 francs en 1858.
        

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