Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1140282
ROSE ] 
la rose occidentale de Saint-Nicaise, il adopta un systeme qui devait 
eviter ces dangers. A l'aide des etresillons en (lecharge de cette rose 
(fig. 10), il prevint le mouvement de rotation de l'oeil. (le fut la un pro- 
gres qu'on ne cessa de poursuivre dans la composition des roses des 
xlve et xve siecles. Celles-ci, combinees des lors d'apres ce principe, 
furent beaucoup moins sujettes a se deformer. 
Le systeme de la rose champenoise, composee d'un cercle puissant, 
clave, embrevant les compartiments interieurs formes de pierre en delit, 
avait cet avantage de presenter une certaine elasticite et de permettre 
d'eviter les charges partielles sur ces compartiments. Mais aussi ces 
architectes champenois de la fin du X1116 siecle etaient des construc- 
teurs tres-experimentes et tries-habiles; et si, malheureusement, Feglise 
Saint-Nicaise de Beims n'est plus 1a pour le demontrer, nous possedons 
encore celle de Saint-Urbain de Troyes, qui est certainement la plus 
merveilleuse application du systeme de structure gothique. 
Le XIVe siecle ne se montra pas aussi ingenieux dans toutes les pro- 
vinces, mais cependant quelques maitres tentaient de provenir la rotation 
des rayons des roses. 
A Amiens, par exemple, le pignon nord du transsept de la cathedrale 
etait, vers 1325, perce d'une grande rose dont les compartiments, en- 
gendres par un pentagone, ne tendent plus au centre du cercle, mais 
aux angles de ce pentagone formant mil: c'etait un moyen d'eviter le 
pivotement des rayons; mais cette rose n'est pas d'une heureuse compo- 
sition. La fin du xiv" siecle et le commencement du xve ifeleverent qu'un 
tres-petit nombre (Fedifices religieux en France; les guerres, les malheurs 
de cette epoque, donnaient (l'autres soucis. Ce ne fut qu'a dater de la 
fin du regne de Charles VII que les architectes se remirent i1l'o3uvre. 
En ce qui concerne les roses, le systeme de Libergier parait alors avoir 
definitivement larevalu, et la rose occidentale de la sainte Chapelle du 
Palais, a Paris, reconstruite au XVe siecle, est evidemment une arriere- 
petite-fille de celle de Saint-Nicaise de Beims. Nous donnons (fig. 12) le 
douzieme de cette rose, a Yeehelle de 0'203 pour metre. 
Lorsqu'on jette les yeux sur ces reseaux de pierre, composes presque 
exclusivement de lignes courbes, il semble, au premier abord, que ces 
mailles qui presentent un enchevetrement des plus gracieux aux uns, 
une conception maladive aux autres, suivant les goüts ou les opinions, 
ne sont determinees que par le caprice. Il n'en est rien cependant. Que 
l'on ait pour l'architecture de cette epoque, ou une admiration, ou un 
blame de parti pris, il faut avoir affaire a la geometrie, pour se rendre 
compte de ces compositions; or, 1a geometrie ne peut passer pour une 
science de fantaisistes. 
Dans larose de Saint-Nicaise, non-seulement les rayons sont recti- 
lignes, mais aussi les jambettes, qui font l'office (Yetresillons obliques; 
mais en supposant un effort, une pression sur un point de la circonfe- 
rence, ces etresillons auraient eu besoin eux-memes d'etre etresillonnes
        

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