Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1144750
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SYMBOLE 
u reduits a n'etre plus que de mechants genies, le nom de Jestis suffit 
a pour les conjurer tous et les renvoyer aux enfers. n Il faut ajouter aussi 
qu'en faisant des dieux ou des emanations divines admises par le poly- 
theisme des demons ou des anges, dest-a-dire des agents du mal et des 
protecteurs des hommes; en considerant la nature organique et meme 
inorganique comme un symbolisme, soit des qualites divines, soit des 
passions humaines, le christianisme cedait a cette tendance des races 
blanches pour le polytheisme : detait, dans la religion nouvelle, l'intro- 
duction de l'antique antagonisme des forces de la nature, admis par les 
Aryas, source de toute poesie et de tout art. Or, ce symbolisme de la 
lutte entre le bien et 1e mal est trace avec une puissance remarquable 
dans nos edilices religieux du commencement du X1119 siecle. Chaque 
sujet a son contraire; la representation de 1a vertu entraine la represen- 
tation du mal. Sous les personnages saints sont figures les etres 1na1fai- 
sants qu'ils ont du dominer par la purete de leur vie, de leur foi ou par 
leurs travaux, Lkävequc pose toujours la hampe de sa crosse dans la 
gueule du dragon, qui se tord sous ses pieds. Sous la Vierge est repre- 
sente le serpent tentateur, et la chute d'Adam; sous le Christ, le lion et le 
dragon. A cote des sujets du Nouveau Testament sont places les traits 
tires de l'Ancien, consideres comme l'annonce symbolique de la venue 
du Christ et des evenements de sa vie. Cette antithese plastique qu'on 
rencontre dans la peinture, aussi bien que dans la sculpture, donne la 
vie et le mouvement a cet art du moyen age si peu compris aujourd'hui. 
Ce n'est pas seulement dans les monuments religieux que se deve- 
loppe le symbolisme. Il y avait, des le XIIIG siecle, les Bestiaires d'amour 
comme il y avait les Bestiaires divins. Un de ces Bestiaires d'amour nous 
est reste. Ecrit vers le milieu du X1110 siecle par Richard de Fournival, 
chancelier de Yeglise Notre-Dame d'Amiens, il donne a notre zoologie 
legendaire un symbolisme profane. Ce Bestiaire d'amour se retrouve 
figure dans un grand nombre de sculptures appartenant a des habita- 
tions, chateaux, maisons, hotels des Xlve et Xve siecles 1. Ces animaux, qui 
se voient sculptes sur nos edifices, soit sacres, soit profanes, ne sont 
donc pas des produits du caprice ou de la fantaisie, comme on le repete 
si souvent; ils ont une signification, ils sont destines ä imprimer dans 
la memoire, a l'aide d'un symbolisme admis par tout le monde alors, des 
vertus, des qualites bonnes a acquerir, des vices ou des egarements qu'il 
faut eviter. Le commun peuple, qui ne savait pas lire, trouvait ainsi, au 
moyen d'une explication orale, un enseignement continuellement place 
devant ses yeux. C'est ce qu'explique tres-bien Richard de Fournival lui- 
meme au commencement de son Bestiaire d'amour:  Quant on voit 
x Voyez la Notice sur la vie et les ouvragefs de Richard de Fuurnival, insdräe dans le 
tome Il de la premiäre särie du recueil de PEcole des chartes, page 32, par M. P. Päris; 
et le Bestiaire d'amour par Richard de Fournival, suivi de la räponse de la Dame, 
dünpräs le manuscrit de la Biblioth. impär. (Hippeau, 1860, A. Aubry, ddit.).
        

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