Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1144589
bTYLE 
[s92 
qu'il ne pouvait l'etre en France. Au milieu des institutions quasi repu- 
blicaines des municipalites italiennes, l'art etait une chose publique 
comme dans les villes de l'antique Grece. On etait artiste ou artisan, et 
l'on remplissait des fonctions publiques. L'art ctait compris de tous, 
honore, envie, prend ou persecute. Sous un regime feodal absolu, l'ar- 
tiste n'etait autre chose qu'un corveable, vilain, colon ou serf, executant 
machinalement les fantaisies ou les ordres du maitre. Sous une theo- 
cratie rivee a Fhieratisme, il ne pouvait ni se developper, ni se modifier, 
mais, par cela nieme, il etait compris aujourd'hui comme hier. Dans un 
pays jouissant d'institutions plus liberales, comme en Angleterre, par 
exemple, il existait entre les diverses classes de la societe des rapports 
dinterets frequents, qui faisaient qu'on se comprenait a peu pres d'une 
classe a l'autre. Mais en France, d'un cote la noblesse fcodale conservant 
ses prejuges de caste, s'appuyant sur le droit de conquete; de l'autre 
une suzerainete contestee, cherchant son centre de force tzintot dans 
cette noblesse, tantot dans les communes, tantet au sein du haut cierge. 
Puis une population nombreuse n'ayant pas oublie completement ses 
libertes municipales, toujours prete a se soulever, liardie, industrielle et 
guerriere; a ses cotes, un cierge seculier jaloux de la preponderance des 
etablissements monastiques, non moins jaloux de la noblesse feodale, 
cherchant un point d'appui au milieu des villes et revant une sorte d'oli- 
garchie clericale avec un souverain sans force, mais entoure d'un grand 
prestige, sorte de doge avec un senat (Peverjues. Qui donc, dans une 
societe ainsi divisee, pouvait s'occuper d'art? Les etablissements monas- 
tiques? Ce n'etait pas leur moindre moyen d'action. Mais au sein des 
communes, le vieil esprit gaulois reprenait son empire. Sans cesse en 
insurrection, industrieuses et riches, maigre leurs luttes contre les pou- 
voirs feodaux, ces communes se groupaient en corps de metiers, for- 
maient des conciliabules secrets, puisqu'en jetait bas leurs salles aux 
bourgeois, et qu'on leur interdisait les reunions sur la place publique. 
C'est dans ces foyers des libertes municipales que se formerent les ecoles 
laiques d'artistes, et le jour ou elles furent assez fortes pour travailler sans 
recourir a l'enseignement monastique, les eveques, croyant trouver la le 
pivot de leurs projets contre la puissance des abbayes et de la feodalite 
laique, süidresserent a ces ecoles pour batir le monument de la cite, la 
cathedrale f. Qui donc alors aurait pu apprecier le travail intellectuel, le 
developpement d'art qui s'etait fait dans ces conciliabules de bourgeois, 
artistes et artisans? Ils setaient instruits dans l'ombre; quand ils edi- 
Iierent au grand jour, leurs monuments etaicnt des mysteres pour tous, 
excepte pour eux : et de meme que dans Pieuvre individuelle le style ne 
se montre que si l'artiste vit en dehors du monde, dans une expression 
generale d'art le style est comme le parfum d'un etat primitif des esprits 
1 Voyez, ü l'article CATIIFIDRALE, l'historique de la construction de ces ddiüces pendant 
les xnc ct xxnc sibclcs.
        

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