Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1143851
M9 
SIEGE 
mais il avait affaire a forte partie, et les gens du captal soutinrent vive- 
ment l'attaque. Alors une troupe de deux cents lances est detachee de 
Varmee des Francais, elle tourne vers la montagne, cachee par des bos- 
quets, puis, ayant perce des haies, elle se precipite sur les derrieres du 
captal. Cette manmuvre decide de la journce 1. 
Quand on compare cette bataille aux malheureuses affaires de Crecy, 
de Poitiers, d'Azincourt, on sent la main d'un vrai capitaine, prevoyant, 
sachant attendre, menageant ses moyens, mais n'hesitant plus au mo- 
ment de l'action. 
(Yetait avec cette prevoyance avant l'action, et cette decision au mo- 
ment supreme, que du Guesclin enleva un si grand nombre de places 
fortes en si peu de temps. Mais aussi ces sucees, en apparence si faciles, 
firent qu'on modifia le systeme de defense. On donna beaucoup plus 
de relief aux ouvrages, et principalement aux courtines; on elargit les 
fosses, on couronna les tours et les murs de mächicoulis continus de 
pierre qui rendaient les eschelades impossibles. On augmenta sensible- 
ment les ouvrages exterieurs, en leur donnant plus d'etendue et de 
meilleurs tlanquements. Puis l'artillerie a feu commencait a jouer un 
role dans les sieges, et sans diminuer la hauteur des commandements, 
en augmentant memc leur relief, on tracait autour des places fortes des 
ouvrages de terre pour y placer des bouches a feu "l. En 1378, les Anglais 
assiegeant Saint-Malo avaient quatre cents canons, dit Froissart? Tou- 
tefois ces canons (en admettant que Froissart ait entendu designer par 
ce mot des bouches a feu) n'etaient que d'un faible calibre, et ne don- 
naient qu'un tir parabolique, car ils ne purent que lancer des projectiles 
dans la ville, sans meme tenter de faire breche. Le commandant en chef 
de Farmee anglaise, le duc de Lancastre, voyant qu'il nüzvancait point 
ses besognes avec cette quantite d'engins, et que les assauts ne pou- 
1 Froissart raconte un peu diileremment l'issue de la bataille de Cocherel. Il parle 
bien du mouvement tournant, mais il pretend que, pendant la melee, le captal fut enleve 
par une troupe de Gaseons de Parmee frangaise, qui skätaient conjures ä cet effet. Cela 
est un peu romanesque, mais Froissart recueille volontiers les renseignements qui peu- 
vent etrc favorables aux Anglais. Cette inaniere de conspiration, qui decide du gain de la 
journee, laisse d'ailleurs au captal de Buch son role de grand capitaine. ll est d'abord 
entraine, au dire de Froissart, ä attaquer les Frangais, par l'ardeur de ses officiers qui 
Necoutent pas ses conseils de prudence, puis il est enleve pendant l'action, ce qui lui ote, 
pour ainsi dire, toute la responsabilite de la defaite de Cocherel. 
2 Des 13110, des bouches a feu de position etaient montees autour des places fortes. 
u  S'en vinrent (les Frangais) devant le Quesnoy, et approcherent la ville jusques aux 
n barrieres, et firent semblant de Fassaillir; mais elle etoit bien pourvue de bonnes gens 
o d'armes et de grandhrtiHei-ie qu'ils y eussent perdu leur peine. Toutes voies, ils escar- 
a moucherent un petit devant les barrieres, mais on les fit retraire; car ceux du Quesnoy 
(r descliquerent canons et bombardes qui jetoient grands carreaux"... n (Froissart, 
livre I, part. 1", chap. cxl.) 
3 Livre Il, chap. xxix.
        

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