Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1143655
 399  l SIEGE 1 
systeme feodal etabli en Orient, en terre conquise, au milieu des races 
avec lesquelles la fusion etait impossible, possede un caractere de force 
et d'unite, d'ordre et de mesure qu'il ne pouvait conserver en Occident, 
ou les traditions, les moeurs antiques, les restes de l'organisation admi- 
nistrative des Romains, la religion, tendaient a le dissoudre. Le royaume 
de Jerusalem, celui de Chypre, sont des types purs du systeme feodal 
occidental ; ces suzerains ont des armees, ou du moins sont a la tete d'une. 
organisation qui permet d'en former facilement. 
La guerre faite en 1228 par les troupes lombardes a Jean d'lbelin, sire 
de Baruth et roi de Ghypre, les succes de ces troupes et leurs revers 
maigre leur nombre, sous les coups de Farmee feodale du roi, sont une 
des preuves eclatantes de la puissance de cette organisation developpce 
en Orient par les barons occidentaux. 
On est trop enclin a ne voir dans la feodalitc que le fractionnement 
des pouvoirs parmi des seigneurs n'ayant entre eux que des liens souvent 
rompus; on juge la feodalite sur ses derniers moments, alors que, minee 
par le pouvoir royal, par l'affranchissement des communes, par ses pro- 
pres fautes et la ruine des grands fiefs, elle n'etait plus qu'un rouage 
nuisible au milieu d'un Etat qui tendait a se transformer et E1 devenir 
monarchique. 
Si la feodalite, en Occident, ne put avoir et n'eut jamais des armees, 
il n'en etait pas de meme en Orient, la ou elle s'etait constituee d'une 
seule piece et ou elle pouvait se developper conformement a son prin- 
cipe. Ifunite d'action ressort de cette constitution. La feodalite telle que 
nous la voyons etablie dans les royaumes de Jerusalem et de Chypre, 
admettait une haute cour dans laquelle tous les liges des suzerains avaient 
le droit desieger. Cette sorte de parlement decidait de toutes les ques- 
tions, non-seulement les proees entre gentilshommes, mais les affaires 
relatives a la guerre, ä. la transmission de la couronne, a la tutelle des 
Princes mineurs.  
En campagne, rien ne se faisait que d'apres le conseil des barons, et 
le mot qu'on prete a Philippe-Auguste avant la bataille de llouvines 
est exactement dans les moeurs militaires du temps. Le general n'obte- 
nait le commandement superieur, quand il y avait lieu, que sur le suf- 
frage de ses pairs, ainsi que nous l'avons vu pratiquer dans Farmee des 
croises au siege d'Antioche, et ces barons des X119 et X111" sieeles, qu'on 
se plait a presenter comme des brutaux, bons pour se jeter tete baissee 
dans une melee, etaient habituellement, au contraire, des hommes let- 
tres, orateurs, legistes, administrateurs et capitaines. 
En 1218, les barons qui assiegeaient Damiette a charmaient les ennuis 
d'un long blocus en discutant les questions les plus abstraites du droit 
feodal n. Philippe de Navarre, capitaine, legiste, diplomate, poete, qui 
remit sur le trone de Ghypre Ibelin, a l'aide de son epee et de sa haute 
raison, cite avec une vive admiration a la science d'Amaury Il, roi de 
Jerusalem; de Bohemond IlI, prince d'Antioche; de Raoul de Tiberiade,
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.