Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1143563
[ SIIÜJGE 1  390  - 
cesse les sorties des gens de Toulouse le contraignent a passer le fleuve 
pour secourir le premier camp. Il s'apercoit enfin que ses troupes sont 
trop mal protcgees, qu'elles n'ont, sur une longue ligne d'investissement, 
qu'un seul point d'appui, le chateau Narbonnais. 
Devenu maitrc de la tete du pont, apres que celui-ci a ete enleve par 
la crue de la Garenne, il se decidc a convertir Yhopital qui Yavoisine en 
une forteresse, a avec liees et ereneaux, mur de defense, palissades 
u exterieures, abatis d'arbres, profonds fosses tout autour remplis 
u d'eau n. Du cote du fleuve, le comte projette une levee de terre qui 
lui permettra de lancer des projectiles sur les barques qui viennent 
approvisionner la ville; du cote de la Gascogne, il jettera un pont sur 
le fosse avec escalier. Cependant voici les nautoniers et les bourgeois 
de Toulouse qui traversent la Garenne sur des barques et viennent com- 
battre les ouvriers, les defenseurs de la tete du pont. Toute l'attaque et 
la defense se portent sur ce point. La partie du pont tenant encore a la 
ville est munie d'une tour, les Francais s'en emparent; les Toulousains 
Passaillent par eau, par terre. Au bout du pont, du cote de la ville, ils 
ont dresse une pierriere qui bat si bien cette tour restee en lleche, que 
les gens du comte sont obliges de l'abandonner et y mettent le feu. 
Une autre fois, voici cent soixante-trois Brabancons et Thiois qui, sortant 
de Toulouse, passent le fleuve et vont attaquer les postes des Franqais 
etablis le long de l'eau. Les prenant E1 revers, ils les jettent dans la 
Garenne et s'en reviennent dans leurs bateaux. 
Dans les parlements que tient le comte de Montfort avec les seigneurs 
croises, il se plaint sans cesse de la penurie d'argent ou il se trouve; il 
les adjure de brusquer ce siege.  u Mais, lui repond un jour Amaury, 
a vous n'attaquerez jamais les defenseurs de la ville tant de fois en un 
a jour que vous ne les trouviez hors des lices, en pleine campagne, et 
a jamais vous ne les enelorez dans la cite. n 
La gate est enfin terminee. On la pousse vers les remparts; elle est si 
fort endommagee par les projectiles des trebuchets des assieges, que les 
gens qui la remplissent n'osent s'y maintenir. Alors, devant cet engin 
que gardent les assiegeants pour pouvoir le reparer et s'en servir avec 
plus de succes, les Toulousains elevent dans les lices un rempart epais 
en maconnerie. Les femmes, les enfants "travaillent sans relaehe a cette 
(euvre pendant que les Francais font decliquer leurs machines et envoient 
force pierres et traits. 
On a renforce la gate, on l'a munie de nouveaux ferrements; les com- 
pagnies de chevaliers y sont rentrees. Devant elle les defenses se sont 
augmentees en face, en flanc; elles sont merveilleusement garnies 
d'hommes armes. Les fosses sont defendus par des palissades; en arriere, 
les murs sont proteges par des hourds nouvellement dresses. Des deux 
cotes on se prepare a une action decisive. Les gens de Toulouse com- 
mencent l'attaque : ils sortent de toutes parts contre la gaie; en bateaux, 
contre les defenses de la rive gauche; a la plaine de Montolieu, contre
        

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