Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1142952
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SERRURERIE 
qui ne lui convient point, c'est a peu pres ce en quoi consiste l'art de 
l'architecte pour un certain nombre d'artistes et pour une grande partie 
du public; et il faut avouer que les developpements de l'industrie appli-_ 
quee aux travaux de batiment favorisent ces supercheries. Ayant moins 
de ressources materielles a leur disposition, nos artisans du moyen age 
etaient bien forces de demander a leur intelligence ce que ne pouvait 
leur fournir une industrie dans l'enfance. Au total, l'art n'y perdait pas. 
L'oeuvre de pacotille, vulgaire quant a la forme, vulgaire quant a la 
conception, n'existait pas et ne pouvait exister. Elle etait simple ou riche 
pauvre ou luxueuse, mais cllc etait toujours le produit d'un effort de 
l'intelligence developpee en raison de l'objet propre, et cet effort se repro- 
duisait chaque jour, et chaque jour avec un perfectionnement ou une 
plus complote experience. Il ne s'agissait pas de livrer a une machine un 
morceau de matiere qu'elle rend brutalement sous une certaine forme, 
il fallait que l'intelligence et la main de l'artisan se missent a Fmuvre; 
et, ne fut-ce que pour obeir a ce sentiment naturel a l'homme qui le 
pousse a chercher sans cesse le mieux, cet artisan, meme en se copiant, 
introduisait sans cesse dans son muvre, soit une idee plus complete, soit 
un calcul plus judicieux, soit une execution plus logique, plus simple 
et plus pres de la perfection. Nous ne demandons pas qu'on brise les 
machines, mais nous voudrions qu'elles ne prissent pas la place de l'in- 
telligence. 
Plus la matiere est reveche, plus, lorsque l'homme la travaille, doit- 
elle s'empreindre de la marque de sa volonte. Elle n'exprime la puissance 
de cette volonte que si l'artisan tient compte des proprietes memes de 
cette matiere, que s'il la rend docile en manifestant clairement ces pro- 
prietes. Si l'homme, a force d'industrie, parvient a nous faire prendre un 
morceau de fer pour un morceau de bois, et, du detail a l'ensemble, 
une oeuvre de ferronnerie ou de charpente pour une oeuvre de macon- 
ncrie, nous disons qu'il emploie mal son intelligence, et qu'il abuse de la 
matiere au lieu de l'utiliser.  
Dans tous les exemples de serrurerie presentes plus haut, on a pu ob- 
server que jamais les pentures, les attaches ou entrees des serrures, etc., 
ne sont entaillees dans la menuiserie. Le bois reste intact, la serrurerie 
se pose a la surface sans Fentamer. Il y avait dans cette methode un 
avantage au point de vue de la fabrication, c'est qu'il fallait que ces ou- 
vrages de serrurerie, destines a rester apparents, fussent faconnes avec 
soin et fussent solides : au point de vue de l'art, l'avantage ätait au moins 
aussi important, car l'artisan s'ingeniait a trouver les combinaisons de- 
Coratives convenables en raison de 1a matiere, de l'objet et de la place. 
La forme adoptee, etant vue toujours, devait etre agreable ct indiquer la 
fonction. Si, au contraire, on noie dans le bois la plus grande partie des 
objets de serrurerie fine, ee que nous appelons aujourd'hui la quin- 
caillerie, il importe peu que ces objets revetent une forme convenable 
ou agreable; il devient meme assez difficile de reconnaitre si ces objets 
VIII.  A2
        

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