Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1142402
SCULPTURE 
2711 
on pourrait croire que cette statuaire date du regne de Francois I". 
Encore en trouve-t-on fort peu, a cette epoque, qui ait cette largeur de 
style et ce faire monumental. Des fragments de la statuaire du chateau 
de Pierrefonds, le Charlemagne, le roi Artus 1, l'archange saint Michel de 
la poterne de l'est, la Vierge du grand bas-relief de la facade, sont des 
(euvres de maitres consommes dans la pratique de leur art, et tout rem- 
plis d'un beau sentiment. Jamais peut-etre on n'a si bien vetu la statuaire 
en faisant sentir le nu sans affectation, et en donnant aux vetemcnts leur 
aspect reel, aise, sans recherche dans l'imitation des details. Des statues 
tombales du commencement du XVe siecle sont d'une largeur de style 
dont la renaissance s'eloigne trop souvent. Il nous suffit de citer la statue 
d'Isabeau de Baviere, a Saint-Denis; celle d'un eveque, d'albatre gris, du 
musee de Toulouse; celles des princes de la maison de Bourbon, dans 
Peglise abbatiale de Souvigny; de nombreux fragments deposes aux mu- 
sees de Dijon, de Rouen, d'Orleans, de Bourges. 
Il est clair que cet art francais de 1390 a M110 etait loin de la maigreur, 
de la pauvrcte que lui reprochent ceux qui vont chercher des exemples 
de la derniere statuaire gothique en Belgique ou sur les bords du Rhin. 
L'ornementation de Pierrefonds est en rapport avec cette bonne sta- 
tuaire ; elle est ample, monumentale, admirablement composee et d'une 
execution sobre et excellente. Les statues des preuses qui deeorent les 
tours existantes du chateau de la Ferte-Milon presentenl; les memes qua- 
lites. C'est un art complet, qui n'est plus l'art du xine siecle, qui n'est 
pas la decadence de cet art, tombant dans la recherche, mais qui pos- 
sede son caractere propre. C'est une veritable renaissance, mais une 
renaissance franeaise, sans influence italienne. Les Valois, ces princes 
d'Orlean's, Louis, Charles, et enfin celui qui devint LouisXlI, avaient pris 
evidemment la tete des arts en France, s'en etaient faits les protecteurs 
eclaires, et, sous leur patronage, s'elevaient des edifiees qui devaneaient, 
suivant une direction plus vraie, le mouvement du XVIO siecle. Temoin 
l'ancien hotel de ville d'0rleans, aujourd'hui le musee, bati en 111112, et 
auquel on assignerait une date beaucoup plus recente 2. Cet edifice, dont 
la facade est due au maitre Viart, presente une ornementation charmante, 
originale, qui n'a plus rien de Fornementation gothique, mais qui est. 
mieux entendue et surtout d'une composition plus large que celle admise 
sous Franeois I", alors que les arts d'ltalie avaient exerce une influence 
sur nos artistes. Pour en revenir au ehateau de Pierrefonds, qui nous 
parait etre le point de depart d'une reforme malheureusement interrom- 
pue par les guerres et plus tard par l'introduction de Felement italien, 
son ornementation prend un caraetere particulier. On ne trouve plus la 
1 Deux des neuf preux qui donnaient leurs noms aux tours du chäteau. Ces statues 
0n122m,30 de haut. Ces preux portent les habits de guerre des derniäres rmnäes du 
xxve siäcle, rendus avec une remarquable souplesse. 
2 Voyez PArchitecture domestique de MM. Verdier et Cattois, t. II, p. 60.
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.