Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1142362
SCULPTURE 
270 
l'aspect de face, l'autre pour l'aspect de profil, et (11131 l'aide de ces deux 
sections, ils degrossissaient la pierre en cherchant les (letails sur la nature 
meme. On voit dans beaucoup de statues du XIIIÜ siecle, a cote d'une 
partie de figure traitee avec amour, un morceau tres-ncglige; cela n'ar- 
rive point quand des artistes executent sur des modeles: alors le travail 
est egal, uniforme et souvent amolli par la traduction en pierre d'un 
modele fait avec de la terre ou de la cire. 
Les monuments nous prouvent que les sculpteurs egyptiens, lorsqu'ils 
faisaient des bas-reliefs modeles en creux, commencaieilt par dessiner 
simplement leurs figures sur le parement, qu'ils en creusaient la 
silhouette et qu'ils cherchaient le modele en pleine pierre; et cependant 
ce modele arrive a des delicatesses merveilleuses. Bien que nous sachions 
que les artistes grecs, surtout apres Phidias, faisaient des modeles en 
cire ou en matieres molles, il n'est pas prouve que les sculpteurs ante- 
rieurs a Phidias procedassent ainsi lorsqu'ils avaient a faire des statues 
de bois; de pierre ou de marbre; le geometral, toujours observe dans la 
statuaire eginetique, ferait supposer au contraire que ces artistes pri- 
mitifs se contentaient du dessin pour proceder a Yexecution deflnitive. 
Deja, vers la {in du X1119 siecle, on commence a sentir en France l'in- 
fluence souveraine de cette divinite qu'on appelle la illvde, divinite aussi 
cruelle pour la veille qu'elle est indulgente pour le moment present. 
C'est alors qu'on voit tous les artistes, au meme moment, adopter dans 
la statuaire, non-seulement les vetements du jour, mais certains carac- 
teres physiques qui sont regardes comme se rapprochant de la perfection. 
On ne saurait se dissimuler que l'empire de la mode est tel, qu'il inllue 
jusqu'a un certain point sur le physique. Les traits, le port, jusqu'aux 
formes du corps, s'arrangent pour sortir d'un moule commun, admis 
comme etant la supreme elegance. Cela n'est pas ne d'hier; les Grecs 
eux-memes sacrifierent a "cette deesse changeante. 
Les statuaires du moyen age s'interdisaient habituellement la repro- 
duction du nu. Leurs figures etaient drapees, sauf de rares exceptions; 
or, l'allure d'une Iigure nue et d'une figure vetue n'est pas la meme, et 
nous ne voyons que trop, depuis le commencement du siecle, a quels 
resultats facheux nos sculpteurs sont arrives en concevant une ügure ve- 
tue comme une iigure nue, ou plutot en cherchant a habiller un Apollon 
ou un Antinoüs antique : rien n'est plus gauche. Il y a, dans le port d'un 
personnage nu et habitue a se mouvoir sans vietements, une grace etran- 
gere a celle qui convient au personnage vetu. Les anciens savaient cela, 
aussi ont-ils donne a leurs figures habillees d'autres mouvements, d'au- 
tres gestes que ceux dont ils savaient si bien doter leurs figures nues. 
Faute d'observer ces lois, on nous donne souvent des statues qui ont l'air 
de portefaix habilles en generaux, ou tout au moins qui paraissent fort 
genees dans leurs vetements d'emprunt; et ce n'est pas Feternel manteau 
dont on drape le marechal de France comme le savant ou le poete, qui 
peut dissimuler ce defaut de convenances. 
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.