Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1142187
SCULPTURE 
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thedrale et le chateau, barbare dans Yeglise de village ou sur la maison 
du citadin. Non : Fexecution etait plus ou moins parfaite, mais l'oeuvre 
etait toujours une oeuvre d'art, dest-a-dire empreinte d'un sentiment 
vrai, d'une idee. Le langage etait plus ou moins pur, mais la pensee ne 
faisait jamais defaut et elle etait comprise de tous. On ne trouvait nulle 
part alors, sur le sol de la France, de ces ouvrages monstrueux, ridicules, 
qui abondent sur nos edifiees publics ou particuliers, batis depuis deux 
cents ans, loin des grands centres. Le langage des arts est devenu une 
langue morte sur les quatre cinquiemes du territoire, non parce que la 
population l'a repousse, mais parce que ce langage a pretendu ne plus 
s'adresser qu'a quelques elus. Alors il est arrive ce qui arrive a toute 
expression de la pensee humaine qui retrecit le champ de son develop- 
pement au lieu de Fetendre, elle n'est meme plus comprise du petit 
nombre de gens pour lesquels on pretend la reserver. 
Une des gloires de nos ecoles laiques du XIIIE sieele, c'a ete de vulga- 
riser l'art. Ainsi que chez les Grecs, l'art etait dans tout, dans 1e palais 
comme dans Pustensile de menage, dans la forteresse comme dans 
l'arme la plus ordinaire; l'art etait un besoin de la vie, et l'art n'existe 
qu'a cette condition 1. Du jour ou l'on a appris a un peuple a s'en passer, 
qu'il n'existe plus que pour une caste, ce n'est pas par des decrets qu'on 
le vulgarise de nouveau. On ne decrete pas plus le goüt qu'on ne le 
developpe par de pretendus encouragements : car encourager le gout, 
c'est encourager un goüt; encourager un goüt, c'est tuer l'art. L'art est 
un arbre qu'on n'elague pas et qui n'a pas besoin de tuteurs. Il ne pousse 
qu'en terre libre, en prenant sa seve comme il peut et ou il veut, en 
developpant ses rameaux en raison de sa nature propre. Le regime feodal 
n'avait ni Academies, ni conseils des batiments civils, ni comites protec- 
teurs des arts; il ne donnait ni recompenses, ni medailles; il ne s'inquie- 
tait point de savoir si, dans ses domaines, on apprenait le dessin, si l'on 
modelait la terre et si l'on sculptait le bois; il n'avait ni musees ni ecoles 
speciales, et l'art vivait partout, florissait partout. Des que le despotisme 
unique de Louis XIV se substitue a l'arbitraire feoclal, des que le gou- 
vernement du grand roi pretend regenter l'art comme toutes choses, 
former un criteriilm du goüt, l'art se range, se met au regime, et n'est 
bientot plus qu'un moribond dont on entretient la viea grand'peine 
avec force medicaments et reconfortants, sans pouvoir un seul jour lui 
rendre jeunesse et saute. 
La puissance productive de l'art au X1116 siecle, et particulierement de 
la sculpture, tient du prodige. Apres les guerres du XVe siecle, apres les 
luttes religieuses, apres les demolitions dues ,auxXv11e et XVIIIe siecles, 
apres les devastations de la lin du dernier siecle, apres l'abandon et 
l'incurie, apres les bandes noires, il nous reste encore en France plus 
industriel, dänomination 
1 On n'avait pas inventä alors l'art 
nous avons perdu le vrai sens de l'art. 
dämontre combien 
qlli
        

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