Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1142131
 2M  [ SCULPTURE ] 
quoi ces animaux reels ou fabuleux venaient-ils ainsi se poser sur les 
parements exterieurs des edifices, et particulierement de nos grandes 
cathedrales ? Il ne faut pas perdre de vue ce que nous avons dit prece- 
demmentapropos des tendances de Yecole laique qui elevait ces mo- 
numents. Ceux-ci etaient comme le resume de l'univers, un veritable 
Cosmos, une encyclopedie, comprenant toute la creation, non-seulement 
dans sa forme sensible, mais dans son principe intellectuel. La encore 
nous retrouvons la trace elfacee, mais appreciable encore, du pantheisme 
splendide des Aryas. Le vieil esprit gaulois percait ainsi a travers le 
christianisme, et revenait a ses traditions de race, en sautant d'un bond 
par-dessus liantiquite gallo-romaine. Le dogme chretien domine, il 
est vrai, toutes ces traditions conservees a Fetat latent a travers les 
siecles; il les regle, il s'en empare, mais ne peut les detruire. Les bes- 
tiaires qui furent si fort en vogue a la fin du XIIE siecle et jusque vers le 
milieu du X1116, au moment meme oü Yecole laique se developpait, ces 
bestiaires qui se repandent sur nos cathedrales et participent au concert 
universel, semblent etre une derniere lueur des ages les plus antiques 
de notre race. Tout cela est bien corrompu, bien melange des fables 
de Pline et des opinions de la derniere antiquite paienne, mais ne laisse 
pas moins percer des traditions locales et beaucoup plus anciennes. (le 
n'est point ici le lieu de discuter cette question, nous ne devons nous 
occuper que du fait : or, le fait, ciest le developpement de ces bestiaires 
a Pexterieur de nos grandes eathedrales, sur ces monuments ou tout 
l'ordre naturel et surnaturel, physique et immateriel, se developpe 
comme dans un livre. 
Düipres les bestiaires des X119 et XIIIe siecles, chacun des animaux qui 
s'y trouvent figures est un symbole. Ainsi, par exemple le plztfnizc, qui 
se consume en recueillant les rayons du soleil et renait de ses cendres, 
represente Jesus-Ghrist se sacrifiant sur la croix et ressuscitanl; le troi- 
sieme jour. Le phenix est decrit par les anciens, mais il est difiieile de ne 
pas reconnaitre dans ce mythe FAgni des Vedas. Que parmi tant (rele- 
ments d'art laisses par Yantiquite romaine, Fecole laique du xluesiecle 
ait eus recueillir particulierement ces animaux fabuleux, leur ail; donne 
une forme symbolique, en ait fait des mythes meme, en appropriant ces 
mythesa l'idee chretienne, niest-ce point un signe que ces representa- 
tiens rappelaient des traditions locales encore persistantes ? N'est-il pas 
naturel que les clercs, reconnaissant la puissance encore vivace de ces 
traditions, aient cherche au moins a leur donner un sens symbolique 
chretien ? N'est-il pas vraisemblable aussi que les evcques qui presidaient 
ä la construction des grandes cathedrales, aient permis la rcpresentation 
de ces mythes transformes, a Pexterieur des ediiices religieux, mais leur 
aient interdit Finterieur des sanctuaires, a cause de leur origine (louteuge? 
Et, en effet, si ces animaux abondent sur les faeades des cathedrales du 
Commencement du XIIIe siecle, ils font absolument defaut a Finterieur, 
Sauf de rares exceptions. Il n'y a pas un seul animal figure dans les sculp-
        

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