Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1141321
SCULPTURE 
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superieurs : elles ont ainsi un avantage, en echappant par ce cote a la 
critique; mais celles qui en sont pourvues font tres-bien voir que les 
statuaires grecs ne se faisaient pas faute de dissimuler la longueur des 
bras de l'homme, soit par des artifices, des raccourcis, ou une diminu- 
tion de la dimension reelle. 
Mais il est une qualite, dans la bonne statuaire du moyen age, dont 
on ne saurait trop tenir compte. C'est celle qui consiste a bien repartir 
la lumiere sur les compositions ou les figures isolees, afin d'obtenir un 
effet, une ponderation des masses. Les sculpteurs grecs des bons temps 
possedaient cette qualite: ils savaient faire des sacrifices pour donner de 
la valeur a certaines surfaces lumineuses; ils agencaient les mouvements 
de leurs figures en laissant toujours de larges parties eclairees. En effet, 
il faut, dans la sculpture monumentale, reposer l'oeil du spectateur sur 
des masses simples, lumineuses, pour faire saisir un sujet ou le mouve- 
ment d'une figure, a une grande distance. Examinons les bas-reliefs ou 
les statues de notre ecole du X1118 siecle, nous ohserverons qu'au milieu 
de la plus riche facade, fut-on eloigne du monument, ces bas-reliefs 
ou statues skfzcriwfent clairement. On a pretendu que les sculpteurs du 
moyen age ne savaient pas faire de bas-reliefs et qu'ils procedaient tou- 
jours par la ronde bosse. Cela n'est point exact. Comme les Grecs, lors- 
qu'on ne pouvait voir la statuaire qu'a une assez grande distance, ils 
procedaient en effet par juxaposition de statues, ainsi que Phidias l'a fait 
pour les tympans des frontons du Parthenon; mais lorsque les sujets 
etaient places pres de l'oeil, ils ne se faisaient pas faute d'adopter le 
mode bas-relief avec tous ses artifices. A Notre-Dame de Paris, on voit 
sur les soubassements des portes de la faeade occidentale des bas-reliefs 
tres-caracterises et tries-habilement composes. Ceux qui sont places dans 
les tympans de l'arcature de la porte de la Vierge sont, entre autres, 
d'une charmante facture et du meilleur style. Un de ces bas-reliefs que 
nous donnons ici (fig. 23), et qui represente l'archange Michel terras- 
sant le dragon, possede toutes les qualites de la meilleure statuaire : 
excellente composition de lignes, ponderation des masses, mouvement 
bien senti et exprime, sobriete de moyens, noblesse de style. Cette com- 
position peut rivaliser avec les belles ceuvres de Fantiquite. Cette figure 
n'a rien de la roideur archaique qu'on prete si volontiers a 1a statuaire 
du moyen age; elle n'est ni grele, ni enveloppee de ces plis en tuyaux 
d'orgues. Mais, pas plus que dans la statuaire grecque, on ne saurait 
trouver la ces gestes theatrals, ces mouvements outres, ces poses acade- 
Iniques, auxquels nous nous sommes habitues et que nous prenons trop 
souvent pour de l'action et de Penergie. Or, tous les bas-reliefs de cette 
arcature se valent et datent des premieres annees du X1110 siecle. Plus 
tard, nous retrouvons, avec un style moins large, mais avec une obser- 
vation plus fine de la nature, ces memes qualites dans les bas-reliefs. 
Temoin ceux de la porte sud du transsept de la meme eglise qui repre- 
sentent des episodes de la vie des etudiants de l'Universite de Paris et
        

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