Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1141162
[ SCULPTURE 
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les bouffces d'une sotte vanite. Nous accordons qu'on ne saurait depassel" 
la beaute plastique de la statuaire grecque, alors la conclusion devrait 
etre de chercher une autre face non developpee de la beaute. C'est dans 
ce sens que les efforts des statuaires du xme sieele se sont diriges. Dans 
leurs ouvrages, la beaute purement plastique est certainement fort au- 
dessous de ce que nous a laisse la Grece; mais un nouvel element 
intervient, c'est Felement intellectuel, que les Grecs les premiers ont 
fait surgir. La statuaire n'est plus seulement une admirable forme exte- 
rieure, une sublime apparence materielle, elle devient un etre revelant 
toute une suite d'idees, de sentiments. Toutes les statues grecques 
regardent dans leur present  et c'est pour cela qu'il est si ridicule 
de les copier aujourd'hui que ce passe est bien loin,  tandis que les 
statues du moyen age des bons temps manifestent une pensee qui est 
de Fhumanite tout entiere et semblent vouloir deviner l'inconnu. C'est 
ce qui nous faisait dire tout a l'heure que beaucoup d'entre elles expri- 
ment le doute, non le doute melancolique et decourage, mais le doute 
audacieux, investigateur; ce doute qui, a tout prendre, conduit au 
grand developpement des soeietes modernes, ce doute qui a forme les 
Bacon, les Galilee, les Pascal, les Newton, les Descartes. La statuaire 
des Grecs est soeur de la poesie; celle du moyen age penetre dans le 
domaine de la psychologie et de la philosophie. Est-ce un malheur? 
Qu'y faire ? si ce n'est en prendre resolüment son parti et profiter du 
fait, au lieu d'essayer de 1e cacher. La plupart de nos statuaires ne 
sont-ils pas un peu comme des scribes s'amusant a recopier sans cesse 
des manuscrits enlumines et refusant de reeonnaitre l'invention de l'im- 
primerie ? 
Il ne faudrait pas croire cependant que ces statuaires du XIIIe sieclc 
n'ont pas pu, quand ils l'ont voulu, exprimer cette serenite brillante et 
glorieuse qui est le propre de la foi. A Paris, a Reims, bon nombre de 
figures sont empreintes de ces sentiments de noble laeatitude que l'ima- 
gination larete aux etres superieurs a Fhumanite. Les anges ont ete pour 
eux un motif de compositions remarquables, soit comme ensemble, soit 
dans l'expression des tetes.  
On peut voir dans les voussures de la porte principale de Notre-Dame 
de Paris deux zones d'anges a mi-corps dont les gestes et les expressions 
sont d'une grace ravissante. La cathedrale de Reims a conserve une 
grande quantite de ces representations (Fetres superieurs, traitees avec 
un rare rnerite. Les anges poses sur les grands contre-forts, et qui sont 
de dimensions colossales, sont presque tous des ceuvres magistrales. 
D'autres, d'une epoque un peu plus ancienne, dest-a-dire qui ont du 
Gtre Sculptes vers Fannee 1225 et qui sont adosses aux angles des cha- 
pelles absidales, sous la corniche, ont des qualites qui les mettent 
presque en parallele, comme faire, avec la statuaire grecque du bOII 
temps. Nous donnons (üg. 17) la tete d'un de ces anges. Uantiquite 
n'exprime pas mieux la jeunesse, Yingenuite, le bonheur calme et sür,
        

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