Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1141045
SCULPTURE 
43s 
gage theologique, apparait, comme a Chartres, la Liberte (Libertas). 
L'Avarice, liguree sur les portails des eglises abbatiales de Saint-Sernin 
de Toulouse et de Sainte-Madeleine de Vezelay, par un homme portant 
au cou une enorme sacoche et tourmente par deux demons hideux, est 
representee au portail de la cathedrale de Sens par une femme, les che- 
veux en desordre, assise sur un coffre qu'elle ferme avec un mouvement 
plein d'energie. L'artiste remplace la representation materielle par une 
pensee philosophique. Plus de ces scenes repoussantes, si frequentes 
dans les eglises abbatiales du commencement du xne siec-le. Le statuaire 
du xm" siecle, ainsi que l'artiste grec, a sa pudeur, et s'il figure l'enfer 
comme a la grande porte occidentale de Notre-Dame de Paris, c'est par 
la combinaison tourmentee des lignes, par les expressions de terreur 
donnees aux personnages, par leurs mouvements etranges, qu'il pretentl 
decrire la scene, et non par des details de supplices repoussants ou 
ridicules. Le cote des damnes sur les voussiires de la porte principale de 
Notre-Dame de Paris est empreint d'un earactere farouche et desorilonne 
qui contraste singulierement avec le style calme de la partie reservce 
aux elus. Toutes ces figures des elus expiiineiit une placidite, une dou- 
ceur quelque pou mclancolirpie qui fait songer et qu'on ne trouve pas 
dans la statuaire du X110 siccle, ni meme dans celle de lüintiquite. 
C'est maintenant que nous devons parler de l'expression des se11ti- 
monts moraux, si vivement sentie par ces artistes du X111" siecle et qui 
les classe au premier rang. Nos lecteurs voudront bien croire que nous 
n'allons pas repeter ici ee que des admirateurs plutüt passionnes qu'oh  
scrvateurse de l'art gothique ont dit sur cette belle statuaire, en preteu- 
dant la mettre en parallele etmeme au-dessus de la statuaire de la bonne 
epoque grecque, en refusant a cette (lerniere l'expression des sentiments 
de l'aime ou plutot d'un etat moral. Non; nous nous garderons de tom- 
ber dans ces exagerations, qui ne prouvent qu'une chose, c'est (pion n'a 
ni vu, ni ctudieles muvres dont on parle. Les artistes qui, au XVIIÜ sieele, 
pretendaient faire de la statuaire expressive, etaient ziussi eloignes de l'art 
du moyen age que de l'art antique, et le Puget, malgre tout son merite, 
n'est qu'un artiste maniere a Yexces, prenant la fureur pour l'expression 
de la force, les grimaces pour l'expression de la passion, le theatral pour 
le dramatique. De toutes les figures de Michel-Ange, a nos yeux la plus 
belle est celle de Laurent de ltledicis dans la chapelle de San-Lorenzo, a 
Florence. Mais cette statue est bien loin encore des plus belles oeuvres 
grecques et ne depasse pas certaines productions du moyen age. Expli- 
quonsynous. La statuaire n'est pas un art se hornaiit a reproduire en 
terre ou en marbre une academie, (fest-fi-dire un modelc plus ou moins 
heureusement choisi, car ce ne serait alors qu'un metier, une sorte de 
mise au point. Tout le monde est, pensons-nous, (l'accord sur ce cha- 
pitre ; "tout le monde (sauf peut-etre quelques realistes fanatiques) admet 
qu'il est necessaire (Fidealiser la nature. Comment les Grecs ont-ils 
idealise la nature? C'est en formant un type d'une reunion d'individus.
        

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