Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Quai-Synagogue]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1139468
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1140946
SCULPTURE 
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leurs propres idees a l'aide de ce langage qu'ils savaient bien. Une fois 
certains de ne pas tomber dans une execution materielle inferieure a 
celle des arts asiatiques, ils n'essayerent plus d'en reproduire les types; 
mais, se tournant du cote de la nature, etudiant ses ressorts physiolo- 
giques et psychologiques avec une finesse incomparable, ils selancerent 
a la recherche de Fideal ou plutot de la nature idealisee. Comment 
cela? D'abord, de la reproduction plus ou moins üdele des types hiera- 
tiques qui leur servent de modeles, ils en viennent a chercher l'imita- 
tion des types vivants qui les entourent. Cet effort est visible dans les 
sculptures doriennes de la Sicile, de la grande Grece et dans celles de 
YI-lelladeles plus anciennes. Comme chez les Egyptiens et les Assyriens, 
le portrait sinon delindividu, de la race au moins, apparait dans la 
statuaire dorienne immediatement apres des essais informes. 
Mais au lieu de faire comme l'artiste assyrien et egyptien qui, per- 
petuant ces reproductions de types, arrivait a les exprimer d'une ma- 
niere absolument conventionnelle; qui possedait des formules, des 
poncifs pour faire un Libyen, un Nubien, un Ionien, un Mede ou un 
Carien, le Grec reunit peu a peu ces types divers d'individus et meme 
de races ; il. leur fait subir, une sortede gestation dans son cerveau, 
pour produire un etre ideal, l'humain par excellence. Ce n'est pas 
le Mede ou le Macedonien, le Semite pur ou FEgyptien, le Syrien ou le 
Scythe, c'est l'homme. Cherchant une abstraction parfaite, il ne saurait 
s'arreter; il retouche sans cesse ce modele abstrait qui est une creation 
eternellement remise dans le moule, et par cela meme qu'il cherche 
toujours, qu'il va devant lui, etant monte aussi haut que l'artiste peut 
atteindre, il doit redescendre. C'est ainsi que le Grec tourne le dos a 
Fhieratisme oriental. 
Ce phenoinene dans l'histoire de l'art se reproduit identiquement a la 
lin du X116 siecle sur une grande partie du territoire francais. Si les 
elements sont moins purs, les resultats moins eonsiderables, la marche 
est la meme. "  
Les statuaires du XII' sieele en France commencent par aller d fäcole 
des Byzantins g il faut avant tout apprendre le mätier : c'est a l'aide des 
modeles byzantins que se fait ce premier enseignement. Cependant 
l'artiste occidental, ne pouvant s'astreindre a la reproduction hieratique 
des qu'il sait son metier, regarde autour de lui. Les pliysionomies le 
frappent ; il commence par copier des types de tetes, tout en conservant 
le faire byzantin dans les draperies, dans les nus, dans les accessoires. 
läientot de tous ces types divers il pretend faire sortir un ideal, le beau; 
1 y parvient. Que ce beau que cet ideal ne soient pas le beau et Fideal 
trouves par le Grec, cela doit etre, puisque jamais, dans ce monde, des 
causes semblables ne produisent deux fois des effets identiques. Que 
cet ideal soit inferieur ä celui reve et trouve par le Grec, en considerant 
le beau absolu, nous le reconnaissons; mais ce mouvement d'art n'en 
est pas moins un des faits les plus remarquables des temps modernes. 
        

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