Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Tabernacle-Zodiaque]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1144985
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1148821
{ VERTUS ]  362  
ces statues tiennent des lances, des croix ou des etendards dans leur 
main droite, sont couronnees et nimbees. La sculpture est d'un beau 
style; leur allure est iiere, les tetes expressives et les draperies jetees 
avec art. Remarquons, en passant, que la Liberte et la Promptitude, l'Ac- 
tivite, si l'on aime mieux, sont considerees comme des Beatitudes ; et 
avouons sincerement qu'au milieu du XIXE siecle, nous ne les placerions 
pas sur nos eglises. Pourrions-nous les sculpter meme sur nos edifices 
civils? Nous y figurons l'Abondance, la Justice, l'industrie, ou bien en- 
core la Religion, la Gharite, la Foi, Fhlsperance, et nous leur donnons 
l'apparence famelique et un peu niaise que l'on eonsidere de notre temps 
comme l'attribut convenable a ces personnilications. Les oeuvres de nos 
artistes du Xllle siecle nous paraissent plus vraies, plus vigoureuseset 
plus saines. Personne n'ignore que la plupart des critiques qui, par ha- 
sard, veulent dire un mot des arts du moyen age, confondant volontiers 
les eeoles et les epoques, sans avoir pris la peine d'en examiner les pro- 
duits, ne fut-ce que pendant un jour, reproduisent ce cliche accepte sans 
controle, savoir : que la sculpture du moyen age est ascetique, maladive 
et comprimee sous une "theocratie enervante... Nous n'avons nul desir 
de voir revenir la societe vers ces temps, la chose serait-elle possible? 
mais nous voudrions que nos artistes montrassent dans leurs oeuvres, et 
dans la pensee qui les dirige, quelque chose de cette virilite si profonde- 
ment empreinte dans la statuaire francaise des xne et X1116 siecles. S'il 
s'agit de sculpture religieuse, on cherche aujourd'hui a saitisfttire a nous 
ne savons quelle pensee pale, etiolee, malsaine, sans vie, sorte de com- 
promis entre des traditions aifadies, mal comprises, et un canon classique; 
tandis que nous trouvons, dans cette statuaire de notre architecture du 
X111" sieele un debordement de seve, un besoin d'emaneipation de l'in- 
telligence qui raifermit le coeur et pousse l'esprit en avant. Peu devrait 
nous importer qu'alors les eveques fussent des seigneurs feodaux, et que 
les seigneurs feodaux fussent de petits tyrans, si, sous ce regime, les ar- 
tistes savaient relever le cote moral de l'homme et preparer des generzt- 
tions viriles. Ces artistes etaient des lors en avant sur les notres, qui, trop 
peu soucieux de leur dignite, subissent la mythologie abatardie et senile 
de FACademie, ou la relfgiositä fade des sacristies, sans oserexprimer une 
pensee qui leur soit propre. Si Fexecution, de nos jours, est belle, tant 
mieux, mais elle n'est qu'un vetement qui doit couvrir une idee vivante, 
"non des mannequins sortis d'un Olympe fane ou de l'oratoire des devotes. 
"Certes, les statuaires du moyen age ont fait beaucoup de sculpture reli- 
gieuse, ou du moins attaehee a des edifiees religieux, puisqu'on 6D 616m 
vait un grand nombre. Jamais cependant  que cela dependit d'eux ou 
des inspirations auxquelles ils obeissaient  ils ne sont descendus a ces 
"mievreries avilissantes ou a ces platitudes que l'on donne aujourd'hui 
pour de l'art religieux. Les milles SGulptures de Ghartres, de Reims, 
d'Amiens, de Paris, en sont la preuve. -Il suffit de les regarder... sans 
avoir d'avance son siege fait.
        

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