Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Tabernacle-Zodiaque]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1144985
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1147183
[ TRAIT ]  198  
HIEIÜCILIQS eurent des foyers puissants a Byzance meme, a Alexandrie, et 
plus tard a Bagdad, et dans les contrees soumises a la domination des 
kalifes. Les premiers croises trouverent en Syrie des ecoles dont ils 
surent tirer profit, et, des le commencement du x11" siecle, l'art de pro- 
jeter les solides, de developper leurs surfaces, etait deja mis en pratique 
en Occident. Si les elements de la geometrie semblent apeine connus 
des constructeurs carlovingiens , ils sont evidemment familiers aux 
architectes clunisiens, qui ont eleve la nef de Vezelay vers 1100; et, 
trente ans plus tard, on sapereoit, dans la construction du porche de 
la meme eglise, que ces constructeurs ont, en geometrie descriptive, 
des connaissances dejä etendues, car toutes les parties de ce porche, et 
l'appareil notamment, sont tracees avec sürete et precision. Bien plus, 
on voit naitre, dans les traces de cette belle ecole clunisienne, une me- 
thode, non plus empirique comme celle des constructeurs anterieurs du 
moyen age, mais appuyee sur un principe qui, a nos yeux du moins, est 
excellent, puisqu'il est logique et vrai. Nous expliquerons cette methode 
en quelques mots. Toute structure est elevee pour remplir un objet, se 
propose une lin; il semble donc que ce soit l'objet qui doive imposer les 
moyens : ces moyens sont ou doivent etre subordonnes essentiellement 
a l'objet. Une salle, par exemple, a pour objet un espace vide couvert; 
c'est ce vide couvert qui est l'objet, et non les piliers ou les murs; ceux- 
ci ne sont et ne doivent etre que les moyens d'obtenir le vide. Supposons 
que la salle soit voütee : c'est la voüte qui couvre l'espace vide, c'est elle 
qui est la partie essentielle de la structure, parce que c'est elle qu'il 
s'agit de maintenir en l'air; c'est donc la voüte, sa forme, son etendue 
et son poids qui commandent la disposition, la forme et la resistance des 
points d'appui. Par deduction logique, la surface a couvrir, et le moyen 
de la couvrir (soit une voüte) etant donnes, c'est la voüte qu'il s'agit 
d'abord de tracer, et c'est son trace qui doit imposer celui des piliers ou 
des murs. En toute chose, c'est la conclusion a laquelle on veut arriver 
qui commande les premisses, et personne ne commencera un livre ou 
un discours sans savoir, au prealable, ce qu'il veut dcmontrer. 
Une methode aussi naturelle, aussi simple, aussi logique, ouvrait alors 
un champ nouveau a l'architecture, comme elle l'ouvrirait encore aujour- 
d'hui, si l'on voulait se donner la peine de l'appliquer avec rigueur et en 
utilisant les elements dont nous disposons. Nous disons qu'alors, au 
X110 siecle, cette methode ouvrait un champ nouveau a l'art, parce que, 
depuis la decadence antique, l'art ne vivait plus que sur des traditions 
confuses et corrompues, traditions dont les elements ctaient oublies ou 
incompris, parce qu'on ne se mettait guere en peine, pas plus qu'aujour- 
d'hui, en architecture, de faire concorder les premisses avec la conclu- 
sien, ou les moyens avec l'objet; on parlait pour parler. Au milieu de 
cette confusion et de cette ignorance de la pratique de l'art, l'introduc- 
tion d'une methode satisfaisante pour l'esprit, facilement applicable, qui 
ne demandait tout d'abord que des connaissances en geometrie peu
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.