Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Palais - Puits]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1133423
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1134642
PEINTURE 
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tes semer de touches opposees. Ainsi sur la colonnette couchee en 
vermillon, on semait. (les touches bleu clair cernees toujours de noir: 
ou sur la colonnette couchee en bleu clair, des touches d'un pourpre 
vif; sur celle couchee en bleu intense, des touches pourpre rose. L'or 
venait aussi, bien entendu, preter son eclat a ces faisceaux de colon- 
nettes devorees parla juxtaposition des couleurs translucides, lorsque 
le bleu entrait pour une grande part dans Pbzirmonie generale. Les 
arcatures ou tapisseries disposees au-dessous des fenetres, moins 
flevorees par les vitraux et, plus pres de l'oeil, pouvaient reprendre des 
tons plus doux et plus clairs, et alors les faisceaux de colonnettes pas- 
sant devant elles se (letachaient. en vigueur et. en eclat. Ce parti etail 
parfaitement compris dans la peinture de la sainte Chapelle haute du 
Palais'. En effet, dans le systeme de peinture adopte pour cet. inte- 
rieur, toutes les parties qui portent, qui forment liossziture et les nerfs 
de Pedificc, se detachent en vigueur et en eclat. Les fonds sont au 
contraire doux et. tenus au second plan. 
Les peintres decorateurs du moyen fige, pour circonscrire le rayon- 
nement des vitraux colores, employaient (fertains moyens d'un etfet 
sur. Si les fenetres possedaient des ebrasements, comme au commen- 
cement du xm" siecle, par exemple, ceux-ci etaient (ltäcortäs (terne- 
ments tres-vfivement, accuses par la (llffäl'8n(f6 des tons. Ces dessins 
etaient noirs et blancs, comme celui presente en A dans la figure t9, 
ou brun rouge, noirs et lJlEIÜCS, comme celui trace en B. (les couleurs 
tranchees, attenuees par lfetfet de la lumiere (lecomposee passant a 
travers des vitraux colores, conservaient assez de vigueur et de nettete 
pour border les peintures translucides, et prenaient des tons harmo- 
nieux par le rayonnement. de ces peintures. Si les fenetres, comme la 
plupart de celles qui se voient dans les edifices du milieu du xme 
siecle, se composaient de meneaux formant de lägers faisceaux de 
cotonnettes, celles-ci se couvraient de tons tres-xfoisins du noir, ainsi 
que le brun rouge fonce, le vert bleu tres-intense, l'ardoise sombre, le 
pourpre brun. Ces lignes obscures faisaient un encadrement a la ver- 
ricre; mais cependant les vitraux colores etant toujours bordes d'un 
mince tilet de verre lalanc, comme pour les mettre en man-go et empe- 
cher la bavure des tons translucides sur l'architecture, le long de ce 
filet blanc transparent on peignait le solin en vermillon, afin de mieux 
faire ressortir Feclat de la ligne lumineuse (voy. VITRAIL). 
Independamment de la coloration et du systeme harmonique (les 
tons de la peinture (lecorative, les artistes des xne et Xlll" siecles no- 
' Lorsque l'on conlmenga la restauration des peintures de la sainte Chapelle, on n'avait 
pas rläcouvcrt le parti de coloration du fond des arcatures sous les fenätres. On fit du 
nombreux essais, tous sur une gamme sombre, mais l'harmonie gemärale Gtait (IÜFIIHgÜIY 
par celle de ces fonds obscurs. En lavant un mur, du cm6 de Penträe. on trouva, un 
jour, un fragment de la tapisserie claire qui forme le fond de cette nrcaturc; reproduit 
immüdiatemcnt, l'harmonie günärale fut rzätublie.
        

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