Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Gable-Ouvrier]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1128500
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1129117
 35  [ GOUT ] 
Si le mensonge etait jamais permis, ce serait envers ceux que l'on 
meprise. Cependant nous nous sommes eloignes des reg-les du goüt 
il ce point, dans l'art de l'architecture, que nous ne montrons plus au 
public que des apparences. Nous simulons la pierre avec des enduits ou 
du ciment, le marbre et le bois avec de la peinture. Ces voussures que 
vous croyez de pierre sculptee ne sont qu'un platrage sur des lattes; 
ces panneaux de chene, ce sont des planches de sapin recouvertes de 
pates et d'une couche de decoration; ces pilastres de marbre et d'or, 
qui paraissent porter une corniche et soutenir un plafond, sont des 
plaques de platre accrochees au mur charge de leur poids inutile. Ces 
caissons du plafond lui-meme, qui nous representent des comparti- 
ments de menuiserie, ne sont autre chose que des enduits moulures 
suspendus par des crampons de fer a un grossier plancher qui n'a nul 
l'apport avec, cette decoration : si bien que, dans cette salle ou vous 
croyez voir la 1nain-d'muvre le disputer a la richesse de la matiere, 
tout est mensonge. Ces piliers qui paraissent porter sont eux-memes 
ziccroches comme des tableaux; ces arcs masquent des plates-bandes 
de bois ou de fer; cette voute est suspendue a un plancher qu'elle 
fatigue; ces colonnes de marbre sont des cylindres de stuc revetant des 
poteaux. L'artiste, dites-vous, est un homme d_e goüt. Oui, si c'est faire 
preuve de goüt que se moquer de vous et de tromper le public sur la 
qualite de l'oeuvre.  
Comment procedaient cependant ces artistes du moyen age en France, 
accuses de mauvais goüt par les beaux esprits des Xvile et xvuie siecles, 
peu connaisseurs en architecture, et par nos debiles ecoles modernes, 
copiant avec du carton et du platre les robustes splendeurs de ces der- 
niers sieeles, et tombant, de contrefacons en contrefaeons, par ennui 
et fatigue, par defaut de principes et de convictions, jusqu'a l'imitation 
du style du temps de Louis XVI, comme si l'art de ce temps d'abaisse- 
ment possedait un style; comme si, pour en venir a cette triste extre- 
mite, il etait necessaire d'envoyer nos jeunes architectes a Reine et 
a Athenes s'inspirer des arts de llantiquitei? 
Leur premiere loi etait la sincerite. Avaient-ils de la pierre, du bois, 
du metal, des stucs a mettre en cieuvre, ils (lonnztlent a chacune de ces 
IHZIÜÜPBS la structure, la forme et la decoration qui pouvaient leur con- 
venir; et, lors meme qu'ils tentaient d'imposer a l'une de ces matieres 
des formes empruntees a d'autres, le goüt leur tracait les limites qu'on 
ne saurait depasser, car jamais ils ne cherchaient a tromper sur l'ap- 
parence. On peut bien trouver que telle rose, tels meneaux sont delica- 
tement travailles : personne ne prendra une rose de pierre, des me- 
neaux de pierre pour du bois ou du fer; encore ces details des edifices 
religieux ne sont-ils que des claireswoies, des accessoires qui ne tien- 
ncnt pas a la veritable structure, on le reconnait sans etre architecte. 
Pour eux, une salle est une salle; une maison, une maison; un palais, 
un palais; une eglise, une eglise; un (rhateziu, un chateau; et jamais il
        

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