Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Gable-Ouvrier]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1128500
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1131192
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[ MAISON 
Pompei, il serait bien difficile aux areheologues qui les deeouvriraient 
dans deux mille ans de se faire une idee des goüts, des mmurs et des 
habitudes de la generation qui les a elevees; mais si l'on penetre au- 
jourd'hui dans une maison du moyen äge passablement conservee, 
tout, dans ces habitations, nous reporte aux facons de Vivre (le leurs 
habitants. La on sent un peuple qui a son caractere a lui, ses goüts 
distincts, ses traditions et ses tendances.  
D'ailleurs, l'hotel du seigneur et meme la maison du bourgeois de- 
venu un personnage important dans la cite se distinguent de l'habita- 
tion du citadin modeste, du commereant ou du fabricant, d'une Hlfllliäfe 
tranchee. Si le citadin pose sa faeade sur la rue,tient a vivre sur la rue, 
l'homme noble, au contraire, eleve son logis en arriere, entre cour et 
jardin; sur la voie publique, il place un mur de cleture ou des com- 
muns. Autant la maison du simple bourgeois ressemble a une lanterne, 
autant celle du seigneur ou de l'homme devenu un gros personnage 
est fermee aux regards du passant. Nous avons lu quelque part que 
la marquise de ltambouillet fut la premiere a Paris qui eut l'idee de se 
faire batir un hotel entre cour et jardin; c'est la une de ces erreurs 
Comme tant (Yautres propagecs avec insistance pour faire croire que 
le Xvne siecle a tout fait, et qu'avant cette epoque il n'y avait que te- 
nebres et barbarie. D'abord ülallemant des Beaux, qui, seul parmi les 
Contemporains de la marquise, parle des soins qu'elle prit de la con- 
struction de son hotel, ne dit pas un mot de cela, et l'eut-il dit, que les 
hotels existant bien anterieurement a cette epoque lui donneraient 
le plus complet dementi. En effet, les hotels de Saint-Pol, des Tour- 
nelles, de Bourbon, de la Tremoille, de Sens, de Guise, de Gluny, a Paris, 
etaient et sont encore entre cour et jardin. Il etait donc facile, dans 
une ville, de reeonnaitre les habitations des personnages eonsiderables 
entre celles des bourgeois. Mais les maisons des bourgeois elles-memes 
avaient un cachet particulier en raison de Tetat ou de la position de 
Ceux qui les habitaient. Les maisons de villes manufacturieres et mar- 
chaudes comme Beauvais, Amiens, Reims, Troyes, ne ressemblaient pas 
51 celles d'une ville habitee par des proprietaires de terres et vivant de 
leurs revenus ou d'un commerce de grains, de vins, ou autres produits. 
Si la maison du ltemois ou du bourgeois de Troyes est ouverte a rez- 
de-chaiussee ou elevee sur un portique qui permet aux marchands de 
parler de leurs affaires, celle de Provins, par exemple, ou de Laon, est soi- 
gneusement muree sur la rue jusquTi la hauteur du premier etageLa 
figure '16 reproduit la faeade d'une de ces maisons de Provins, donnant 
sur la rue de Paris, et datant de la seconde moitie du xrns siecle. 
Ici, l'habitant se renferme; le dehors n'a pas a s'occuper de ce qui 
se passe chez lui. La salle est au premier etage, ainsi que les chambres. 
L0 rez-de-chaussee est reserve aux communs, aux provisions et a la cui- 
sineLes etages sont hauts entre planchers; on sent que dans ces habi- 
tations la vie est simple et large. D'ailleurs, on observera avec quel
        

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