Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Gable-Ouvrier]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1128500
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1130946
L MAISON v]  218  
exterieur. Nous verrons en effet que ces escaliers exterieurs, ou grands 
perrons, jouent un role important dans les habitations des x1' et x11" 
siecles. La tapisserie de Bayeux nous montre Harold et ses compa- 
gnons banquetant dans une maison au moment de leur passage en 
Normandie. La salle du banquet est situee au premier otage, sur un 
rez-de-chaussee forme d'arcades; un perron descend de cette salle 
supericure au bord de la mer. (le rez-de-chaussee est evidemment 
construit en maconnerie, tandis que le premier etage parait etre un 
ouvrage de charpenterie. 
On retrouve cette disposition des escaliers exterieurs dans des ma- 
nuscrits grecs du VlIle siecle (voy. PERRON), et nous la voyons se per- 
petuer jusqu'au XVIe. Signalons ce fait important : c'est qu'en France, 
pendant la premiere periode du moyen age et jusqu'au X110 siecle, 
il semble que dans les habitations privees on ait maintenu les tra- 
ditions de Pantiquite gaillo-romaine pour le rez-de-chziussee, et que 
l'on ait adopte les habitudes introduites par les peuples venus du Nord 
pour les etages superieurs. Il se pourrait bien, en effet, qifapres l'in- 
vasion, les nouveaux conquerants aient conserve bon nombre de ces 
habitations de ville ou de campagne gallo-romaines, et que, sur les 
rez-de-chaussee qui les composaient, ils aient fait elever en charpen- 
terie des salles et des services dont ils avaient besoin. On aurait ainsi 
adopte depuis lors un systeme de constructions resultant des deux 
methodes entees l'une sur l'autre par les habitudes de deux civilisa- 
tions ou plutot de deux races ditferentes. Dans les maeonneries, l'in- 
fluence gallo-romaine se fait sentir tres-tard, tandis que les ouvrages 
de bois ont, des l'origine, un caractere qui appartient evidemment aux 
races du Nord et qui ne rappelle point l'art de la eharpenterie des 
Romains. Cette superposition de deux systemes de constructions, issus 
de deux civilisations opposees, ne parvient qu'a grand'peine a former 
un ensemble complet, et, jusqu'a'la fin du XI? siecle, on reconnait que 
le melange n'est point effectue. 
L'ecole laique du XIlIe siecle parvient a operer ce rnelange, parce 
qu'elle abandonne entierement les traditions romaines; et c'est seule- 
ment a cette epoque que les constructions privees prennent un carac- 
tere veritablement franeais, homogene, adoptent des methodes logi- 
ques, en raison des materiaux mis en (euvre. Il suffit de jeter les yeux 
sur les manuscrits occidentaux des 1x6, x8 et x18 siecles, sur quel- 
ques sculptures d'ivoire de cette epoque et, merne sur la tapisserie de 
Bayeux, pour constater l'influence des traditions de constructions gallo- 
romaines dans les maqonneries du rez-de-chaussee des habitations, et 
celle des constructions de bois inde-germaniques pour les couronne- 
ments des palais et maisons, tandis que les eglises affectent toujours la 
forrne de la basilique latine ou celle de Fedifice religieux byzantin. 
Evidemment, si les seigneurs et les citadins laissaient les moines 
arranger l'architecture de leurs monasteres a leur guise (et ceux-ci
        

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