Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Gable-Ouvrier]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1128500
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1130320
[ LANTERNE nns MORTS ]  156  
et principalement sur le bord des chemins et aupres des maladreries. 
On peut donc admettre que les lanternes des morts erigees sur le sol 
autrefois celtique ont perpettie une tradition fort antique modifieo par 
le christianisme. 
Les premiers apotres des Gaules, de la Bretagne, de la Germanie et 
des contrees scandinaves, eprouvaient des difiicultcs insurmontables 
lorsqu'ils pretendaient faire abandonner aux populations certaines pra- 
tiques superstitieuses. Souvent ils etaient contraints de donner a ces 
pratiques, qu'ils ne pouvaient detruire, un autre but, et de les detour- 
ner, pour ainsi dire, au profit de la religion nouvelle, plutot que de 
risquer de compromettre leur apostolat par un hlame absolu de ces 
traditions profondement enracinees. M. de Gaumontl pense que les 
lanternes des morts, pendant le moyen age, etaient destinees particu- 
lierement au service des morts qu'on apportait de tres-loin et qui 
ifetaient point introduits dans Feglise. Il admet alors que le service se 
faisait dans le cimetiere et que le fanal remplacait les cierges. Cette 
opinion est partagee par M. Fabbe Cousseau? : a Les eglises meres 
(eccleszfw matrices) seules, dit M. Gousseau, possedaient sans restrictions 
tous les droits qui se rattachent a l'exercice du culte. Cela resultait de 
ce que souvent le seigneur, en faisant donation d'une eglisc a un corps 
religieux, apportait a sa liberalite cette restriction, que le droit de dime, 
le droit de sepulture, etc., ne seraient pas compris dans la donation. a 
Que les lanternes des morts aient cte utiliseespourles services funehres 
dans les cimetieres, le fait parait probable; mais qu'on ait eleve des 
colonnes de plusieurs mfetres de hauteur pour placer a leur sommet, 
en plein jour, des lampes allumees dont personne n'aurait pu aperce- 
voir Feclat, et cela seulement avec l'intention de remplacer Feelairage 
des cierges, c'est douteux. Si les lanternes des morts n'eussent ete 
destinees qu'a tenir lieu de cierges pondant les enterrements, il out  
etc plus naturel de les faire tres-basses et disposees de maniere que 
la lumiere püt etre apercue de jour par l'assistance. Au contraire, tout, 
dans ces petits monuments, parait combine pour que la lampe que 
renferme leur lanterne superieure puisse etre vue de tres-loin etdo 
tous les points de l'horizon. M. Lecointre, archeologue de Poitiers 3, 
c remarque que les colonnes creuses ou fanaux etaient eleves particu- 
lierement dans les cimetieres qui bordaient les chemins de grande com- 
munication ou qui etaient dans des lieux tres-frequentes. Il pense que 
ces lanternes etaient destinees a preserver les vivants de la peur d-es 
revenants et des esprits de tenebres, de les garantir de ce Iimiore 
nocturne, de ce negotio pera-nzbulante in tenebris dont parle le Psal- 
miste; enfin de convier les vivants a la priere pour les morts, D Quant 
' (l'ours (Fantiquilds, t. VI. 
fBulletivz monumental, t. 
3 Ibid., t. III, p. 452. 
540.
        

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