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jointives, comme le faisaient les Grecs et meme les Romains lorsqu'ils
employaient le grand appareil, mieux vaut un joint epais qu'un joint
mince, le mortier ne se conservant qu'a la condition de former un
volume assez considerable. Les plus mauvais sont les joints couläs soit
en mortier, soit en plaire. L'eau sevaporant ou etant absorbee par la
pierre, le coulis subit un retrait, et il reste des vides dans lesquels vient
se loger la poussiere, qui engendre des vegetaux. La seule methode a
employer quand on eleve des constructions de pierre, c'est de poser les
pierres a la louve et a bain de mortier; le fichage est quelquefois com-
mande, comme, par exemple, dans les reprises en sous-ceuvre; mais il
demande a etre faitavec un soin extreme. Dans ce cas, des que le mor-
iier fiche commence 51 prendre, il faut le bourrer avec des palettes de
fer jusqu'au refus; puis on PGjOÄIILÜlB quelque temps apres jusquit une
profondeur de 5 ä 6 CGHIÜHETLPGS. Bien entendu, ce que nous disons
ici s'applique encore plus aux lits qu'aux joints.
Les architectes du moyen age ont souvent simule des joints en pein-
turcs dans les interieurs, soit en rouge sur fond blanc ou jaune, soit en
blanc sur fond ocre (voy. PEINTURE).
JUBE, s. m. (ambon, lectrier, rlowale, pupitvf). Le jube appartient a la
primitive Iilglise : detait alors une tribune elevee placee en bas du
choeur, entre celui-ci et les fideles repandus dans la nef. Du haut de
cette tribune se faisaient les leeons tirees des Eplitres ou des Evangiles,
et meme des predications. Prudence rapporte que Feveque instruisait
le peuple du haut du jube Gregoire de Tours decrit lejube de Feglise
Saint-Gyprieii 2. Le pape Martin I" fit lire les canons du concile de La-
tran du haut du jube de cette basilique. Les Gapitulaires de Charle-
magne ordonnent d'y lire les reglements du prince. On chantait aussi,
au jube. lfAllelztia, les proses ou sequmzces; mais cet usage ne fut pas
conserve. Du temps de Guillaume Durand, on chantait deja in plana,
et l'on ne montait au jube que les jours de grandes fetes pour dire
les leeons.
Ce ifestpasici lelieu de chercherädecrire les diverses sortes de jubes
qui existaient dansles eglises d'Orient et d'0ccident pendant les premiers
siecles; il est certain que Pambon de llEglise grecque et de Ylilglise
latine, jusqulau xiv" sieele, n'etait point du tout, comme forme, ce que
nous entendons aujourd'hui par jube. Les ambons de Saint-Vital de
ltavenne, de Saint-Marc de Venise, de Saint-Laurent hors des murs
a Home, de Saint-Ambroise de Milan, de la cathedrale de Sienne, de
Peglise San-llliniztto 11 Florence, sont plutot de vastes chaires pouvant
contenir plusieurs personnes que des jubes comme ceux de nos eglises
occidentales, qui, a dater du X112 siecle au moins, forment une separa-
tion, une sorte de galerie relevee entre le haut de la nef et le bas du
f Hymne de saint Hippolyte.
a Liv. I, Iäliram, chap. xuv.