Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Dais-Fût]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1122563
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1127741
FLORE 
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et de Syrie remplissaient les tresors des Inonasleres et des palais 1 
etoffes, ivoires strulptes, ustensiles, menus meubles, venaient en grand 
nombre d'()rient et fournissaient. aux autistes frangais des motifs d'or- 
nements qu'ils interpretaieiit a leur maniere. Beaucoup de ces orne- 
ments lgfzanlins titaient emprunttis GUX-IIIÜIIIQS a la flore orientale. 
Il ne faut donc pas skitonner si l'on trouve sur nos chapiteaux et nos 
frises des x10 et x11" siecles des formes qui rappellent eertziins vegetaux 
qui alors nkätaitint, pas connus en Occident (voy. Scunrruinc). 
Telles etaient les diverses sources auxquelles avaient ete puiser les 
sculpteurs romans lorsque apparut Feeole laique de la seconde moitie 
du x11" siecle. Cette ticole ne pouvait. rompre tout a coup avec celle qui 
la precedziit. Dans un meme edifiee on voit, comme a la eathedrale de 
Paris, connne autour du choeur de lkiglise de Saint-Leu tPEsserent, 
comme a Noyon, des sculptures empreintes encore des traditions 
romanes a cote (Vornements d'un style entierement elranger a ces 
traditions, recueillis dansla flore francaise. (le sontles feuilles de l'An- 
eolie, de lktristoloehe, de la Primevere, de la Henoneule, du Plantain, 
de la tlvinlialaire, de la Ghelidoine, de lllepatique, du (lresson, des Ge- 
raniuins, de la petite Oseille, de la Violette, des llumex, des Fougeres, 
de la Vigne; les fleurs du Muilier, de l'Aeonit, du Pois, du Nenuphar, 
de la ltue, du Genet, des Orehidees, des Gucurhitaeees, de l'iris, du 
Safran, du Muguet; les fleurs, fruits on pislils des Papznwärziceles, des 
Polygalees, du Lin, des Malvatrees, de quelques Itoszicties, du Souci, des 
Euphorhiaeees, des Alismacees, des [ridees et Golchicacees, qui inspi- 
rent les sculpteurs dornenients. Mais il ne faudrait pas se meprendre 
sur la valeur de notre observation. ces artistes ne sont pas botanistes; 
s'ils cherchent a rendre la physionomie de certains vegelaux, ils ne 
se piquent. pas dexactitude organographique ; ils ne se font pas faute 
de meler les espeees, de [lrendre un boulon a telle plante, une feuille 
a celle-ci, une tige a celle-lit; ils observent avec une attention scrupu- 
leuse les caraeleres principaux des vegetaux, le modele des feuilles, 
la courbure et la (liminution des tiges, les attaches, les contours si 
purs et si fermes des pislils, des fruits ou des fleurs; ils creent une 
flore qui leur appartient, mais qui, toute monumentale qu'elle est, 
conserve un caractere de vraisemhlaiice plein de vie et (lenergie. 
tlette flore monumentale a ses lois, son developpement, ses allures; 
c'est un art, pour tout dire en un mot, non point une imitation. Nous 
sommes aujourd'hui si loin de la voie suivie a toutes les belles epoques, 
qu'il nous faut l'aire (Iuelques (ftforts pour comprendre la puissance de 
cette creation du second ordre, eloignee autant de l'imitation servile 
et de la hanalile que de la fantaisie pure. Nos monuments se couvrent 
1l'in1italions de forneineiitation romaine, qui n'est qu'une copie incom- 
prise de la flore monumentale, des Grecs; nous copions les copies de 
copies, et a grands frais; notre parure zirehitectonique lmnbc dans la 
vulgarite, tandis que Fecele laique de la fin du x11" siecle allait aux 
sources (rhercher ses inspirations. Non-seulement ainsi elle trouvait
        

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