Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Dais-Fût]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1122563
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1123092
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ilages, parmi lesquels on voit un eveque et un roi. Ce diable souverain 
est gras, lippu ; il est pourvu de mamelles gonilees, et semble se xreposei- 
dans son triomphe. A cote de lui sont representees des scenes de 
desordre, de confusion, de desespoir, rendues avec une energie et 1111 
talent dexecution vraiment remarquables. Les peintres et sculpteurs 
du moyen age ont admis une Trinite du mal, en opposition avec la 
Trinite divine (voy. TluNirn). Des la ün du XIII" siecle, le diable, dans 
la sculpture et la peinture, perd beaucoup de son caractere feroce  ll 
est relegue au dernier rang; il est bafoue et porte souvent la physio- 
nomie de ce role. Dans beaucoup de legendes refaites a cette epoque, 
il est la dupe de fraudes pieuses, comme dans la celebre legende du 
moine Theophile et celle du serrurier Biscornet, qui fit, dit-on, les 
pentures des portes de la cathedrale de Paris. Ce serrurier, qui vivait 
au xive siecle, fut charge de ferrer les trois portes principales de Notre- 
Dame 1. Voulant faire un chef-dlceuvre, et fort empeche de savoir C0111- 
inent sly prendre, il se donne au diable, qui lui apparait et lui propose 
de forger les pentures, a une condition, bien entendu, c'est que lui 
Biscornet, par un marche en regle, ecrit, livrera son ame aux esprits 
(les tenebres. Le marche est signe; le diable se met a l'oeuvre et fournit 
les pcntures. Biscornet, aide de son infernal forgeron, pose les fer- 
rures des deux portes laterales; mais quand il s'agit de ferrer la porlr 
ventrale, la chose devient impossible, par la raison que la porte cen- 
trale sert de passage au saint sacrement, Le diable nlavait pas songe 
a cette difficulte; mais le marche ne pouvant etre entierement rempli 
par l'une des parties, Biscornet redevient possesseur de son ame, et 
le diable en est pour ses ferrures des deux portes. 
On le voit, vers la fin du moyen äge, le diable a vieilli et ne fait plus 
ses affaires. Les arts plastiques de cette epoque ne font que reproduire 
l'esprit de ces legendes populaires dont nous avons suivi les dernieres 
traces sur le theatre des marionnettes, ou le diable, maigre ses tours 
et ses finesses, est toujours battu par Polichinelle. 
Le grand diable sculpte sur le tympan de la porte de la cathedrale 
flAutun, au xnesiecle, est un etre effrayant, bien fait pour epouvanter 
des imaginations neuves; mais les diablotins sculptes sur les bas- 
reliefs du xve siecle sont plus comiques que terribles, et il est eviden-t 
que les artistes qui les faconnaient se souciaient assez peu des mechants 
tours de l'esprit du mal. 
DIEU. Le moyen äge representait Dieu, dans les monuments religieuxx, 
P111" ses oeuvres ; il rfetait figure que dans les scenes de l'Ancien 'I'esla- 
' Ces Pentures datent de la lin du X110 siecle ou des premieres annees du xrne, et Fhisteirf: 
lu serrurier Biscornet est un conte populaire; il ne fait quindiqner la tendance des eslzxrtis: 
ru XlVe siecle, ä ne plus voir dans le diable qu'une puissance dechue, dont on uvali G0 
emont raison avec un peu d'adresse. v r; 
  .
        

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