Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Dais-Fût]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1122563
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1126343
FABLIAU 
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ment par quelques paroles pleines de noblesse et de simplicite; si bien 
que le mari reste vaincu. 
La dame a tant li respondy : 
Par Dieu, sire, ce poisc my; 
JEÜ puis qu'il est si faitement, 
rJe vous uffi certainement 
Qu'il nul jour mäs ne mengeray, 
 D'autre morscl ne mettcray 
Dcseure si gentil viande. 
Or m'est ma vie trop pezandc 
A porter, je ne voel plus vivres 
Dlort, de ma vie me (lälixfre! 
Lors est 51 i cel mot pasmäc. n 
Ce n'est que lorsqu'elle est au milieu de ses femmes, loin de la scene 
du tragique banquet, qu'avant de mourir elle exprime en quelques 
vers les regrets les plus touchants: 
u Lasse! j'ul.cndoie confort 
u Qu'il revenist, s'ui atendu : 
u Mais quant le voir ai entendu 
cr Qu'il est mors, pourquoi viveroie, 
u Quant je Jamais joie n'ai-oie? v 
Parfois une pensee pleine denergie perce ä travers le murmure 
discret de la passion dans les poesies franeaises du moyen äge. Dans 
le meme roman, lorsque les deux amants vont se separer, la dame veut 
que le sire de Gouey emporte les longues tresses de ses cheveux; lui, 
resiste : 
u lIel dieux, dist li chastelzlins, donne, 
a Je ne les coperes, par mknnc, 
u Pour moy, se lessier le voules. 
uEt elle dist : Se tant nfames, 
a Vous les emporteres o vous, 
n Et avoec vous est mes cuers tous; 
a Et se sans mort je le povoie 
a Partir, je le vous bailleroie. 1)   
Mais nous voici loin du fabliau et de son allure frondeuse. Les arts 
plastiques sont la vivante image de ces sentiments, tendresparfois, 
eleves meme, sans jamais etre boursoufles; les artistes, comme les 
poetes francais du moyen äge, sont toujours contenus par la crainte de 
depasser le but en insistant; c'est le cas de suivre ici leur exemple. A 
latin du X1119 siecle seulement, les artistes commencentii choisir parmi 
ces fnbliaux quelques scenes satiriques. Au XlVe siecle, ils semanci- 
pent tout ä fait, et ne craignentpas de donner unel figure aux critiques 
de moeurs admises partout sous la forme de l'ap0 ogue. Au xv" siecle, 
c'est un verituble dechainement, et ces sujets grotesques, scabreux, 
que nous voyons representes alors, ineme dans les edifices reserves au
        

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