Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117976
[ PRINCIPES 1  51  [ CONSTRUCTION ] 
en silence, non plus sous les voütes des cloitres, mais dans l'atelier: 
iventlant leur labeur materiel, mais conservant leur genie independant, 
novateur; se tenant etroitement unis et marchant tous ensemble vers 
le progres, au milieu de cette societe qui se sert de leur intelligence 
et de leurs mains, sans comprendre l'esprit liberal qui les anime. 
Que d'autres entreprennent une tache tracee seulement ici par nous 2 
elle est belle et faite pour exciter les sympathies; elle embrasse des 
questions de l'ordre le plus eleve; elle eclziirerait peut-etre certains 
problemes poses de nos jours et qui preoccupent, non sans cause, 
les esprits clairvoyants. Bien connaitre le passe est, nous le croyons, 
le meilleur moyen de preparer l'avenir; et de toutes les classes de la 
societe, celle dont les idees, les tendances, les gouts varient le moins, 
est certainement la classe laborieuse, celle qui produit. En France, cette 
classe demande plus ou autre chose que son pain de chaque jour: elle 
demande des satisfactions d'amour-propre; elle demande a conserver 
son individualite; elle veut des difticultes a resoudre,'car son intel- 
ligence est encore plus active que ses bras. S'il faut l'occuper mate- 
riellemenl, il faut aussi l'occuper moralement; elle veut comprendre 
ce qu'elle fait, pourquoi elle le fait, et qu'on lui sache gre de ce qu'elle 
a fait. 'l'oi1t le monde admet que cet esprit regne parmi nos soldats et 
assure leur preponderance : pourquoi donc ne pas reconnailre qu'il 
reside chez nos artisans ? Pour ne parler que (les batiments, la main- 
dceuvre a decline chez nous aux epoques ou l'on a pretendu soumettre 
le labeur individuel a je ne sais quelles regles classiques etablies sous 
un pouvoir absolu. Or, quand la main-d'oeuvre decline, les crises so- 
ciales ne se font guere attendre en France. De toutes les industries, celles 
du haliment occupent certainement le plus grand nombre de bras, et. 
demandent de la part de chacun un degre d'intelligence assez eleve. 
Macons, tailleurs de pierre, chaufourniers, charpentiers, menuisiers, 
serruriers, Couvreurs, peintres, sculpteurs, ebenistes, tapissiers, et les 
subdivisions de ces divers etats, forment une armee innombrable d'ou- 
vriers et d'artisans agissant sous une direction unique, tres-disposee 
a la subir et meme a la seconder lorsqu'elle est eclairee, mais bientot 
indisciplinee lorsque cette direction est contraire a son genie propre. 
Nos ouvriers, nos artisans, n'ecoutent et ne suivent que ceux qui peu_ 
vent dire on ils vont et ce qu'ils veulent. Le POURQUOI est perpeluelle- 
ment dans leur bouche ou dans leurs regards; et il n'est pas besoin 
detre reste longtemps au milieu des ouvriers de bätiment, pour savoir 
avec quelle inditference railleuse ils travaillent aux choses dont ils ne 
comprennent pas la raison d'etre, avec quelle preoccupation ils execu- 
tent les ouvrages dont ils entrevoient lutilite pratique. Un tailleur de 
pierre ne travaille pas le morceau qu'il sait devoir etre cache dans un 
massif avec le soin qu'il met a tailler la pierre vue, dont il connait la 
fonction utile. Toutes les recommandations du maitre de l'oeuvre ne peu- 
vent rien contre ce sentiment. C'est peut-etre un mal, mais c'est un fait 
facile a constater dans les chantiers. Le paraitre est la faiblesse com--
        

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