Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117958
[ PRINCIPES 1  59  [ CONSTRUCTION j 
d'autre loi que le raisonnement. Leur faculte de raisonner sarrete 
a pcine devant les lois naturelles, et s'ils sont forces de les admettre,- 
c'cst pour les vaincre en les opposant les unes aux autres. S1 c'est la un 
defaut, nous convient-il de le leur reprocher? 
On voudra bien nous pardonner cette digression; elle est necessaire 
pour faire comprendre le sens des constructions dont nous allons pre- 
senter de nombreux exemples. Connaissant les tendances, l'esprit 
independant des constructeurs gothiques, leurs travaux patients au 
milieu d'une societe qui commencait apeine a se constituer, nos 
lecteurs apprecieront mieux leurs efforts et le sentiment qui les pro- 
voque. Peut-etre trouveront-ils comme nous, dans ces novateurs har- 
dis, Faudacieux genie moderne distrait, mais non etoufte par la routine 
et les prejuges de l'esprit de systeme, par des doctrines exclusives. 
Nous avons vu, en commencant cet article, que si la construction 
romaine est de tous points excellente, sage, coordonnee, comme la 
constitution sociale de ce peuple, une fois trouvee, elle marchait sure- 
ment. dans la meme voie, suivant invariablement, les memes lois et 
employant les memes moyensdexccutionjusqu'a la tin du Bas-Empire. 
Cela etait lion, cela etait arlmiralrle, mais cela ne pouvait se transfor- 
mer. (le fut laforce principale du peuple romain de conserver sa consti- 
tution sociale maigre les symptomes de dissolution les plus evidcnts. 
Son architecture procede de meme : on voit, sous les derniers empe- 
reurs paiens, Pexecution sahatarrlir, le goüt degenerer ; mais la con- 
struction reste la meme, Feditice romain est toujours romain. Si ce 
n'est la voüte spherique sur pendentifs qui apparait a Byzance alors 
que l'empire romain touche a sa fin, nul progres, nulle transformation, 
nul effort. Les Romains construisent comme les abeilles font leurs 
cellules : cela est merveilleux ; mais les ruches d'aujourd'hui se rein- 
plissent comme les ruches du temps de Noe. Donnons aux architectes 
des thermes de Titus, de la fonte, des fers forges, de la tole, du bois et 
du verre, et demandons-leur de faire une halle, ils nous diront qu'on 
ne peut rien construire avec ces matieres. Le genie moderne est autre : 
dites-lui dkälever une salle de 20 metres d'ouverture avec du carton, il 
ne vous dira pas que la chose soit impossible ; il essayera, il inventera 
des moyens pour donner de la rigidite au carton, et nous pouvons etre 
assures qu'il elevera la salle. 
Le Romain trace le plan de son edifice avec un grand sens ; il etahlit 
des bases larges, il procede avec assurance : nulle inquietude pen- 
dant Pexecution ; il est certain du resultat, prevu d'avance; il a pris 
toutes les precautions necessaires; il monte sa construction avec secu- 
rite, rien ne peut contrarier ses projets; il a su ecarter toutes les 
eventualites, il dort tranquille pendant que son edifice selexfe sur ses 
bases inebranlables. Que lui manque-t-il d'ailleurs i? La place? il la 
prend. Les materiaux ? il les trouve partout: si la nature les lui refuse, 
il les fabrique. Les bras, les transports, l'argent? il est le maitre du 
monde. Le Romain est un etre surhumain: il a quelque chose de la
        

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