Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1120932
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COUPOLE 
s'agit de l'histoire des arts, et nous croyons qu'a toutes les epoques, 
les hommes qui se livrent aux travaux de l'intelligence subissent des 
inlluences tres-diverses, en contradiction les unes avec les autres, et 
que ce qui nous parait a nous, souvent, remplir les conditions d'unite 
de style et de conce tion, a cause de la distance qui nous separe de ces 
temps, n'est qu'un linelange d'elements disparates. Il en est de meme 
des oeuvres d'art comme de ces animaux de menagerie qu'on ne voit 
qu'a de rares intervalles et en petit nombre : ceux d'une meme espece 
paraissent se ressembler tous; mais si on les reunit, si l'on vit au mi- 
lieu d'eux, on arrive bientot a distinguer les individualites, a trouver' 
a chacun d'eux une physionomie particuliere. Si l'on vous amene cent 
negres du Sennaar, vous ne sauriez le premierjour les designer sepa- 
rement; mais si vous restez parmi eux, vous trouverez bientot qu'entre 
deux negres il y a autant de difference de physionomie, de port, de 
gestes, qu'entre deux blancs; vous trouverez entre le pere et le fils des 
rapports, des" ressemblances. Eh bien! le meme phenomene se pro- 
duit (qu'on nous passe la comparaison) quand il s'agit de monuments 
d'art fort eloignes de nous par le goüt qui les a fait elever, ou l'espace 
de temps qui nous en separe. 
Analysons cette eglise de Notre-Dame du Port, un des plus interes- 
sants monuments de la France, et nous allons trouver ses origines tres- 
diverses, bien que ce petit monument ait pour nous aujourd'hui un 
caractere d'unite apparente. Le plan (voy. ARCHITECTURE RELIGIEUSE, fig. 9) 
est celui d'une basilique romaine, avec collateral derriere le sanc- 
tuaire et quatre chapelles absidales : or, au X1" siecle, les architectes 
n'avaient guere, pour se guider, que les traditions romaines et les arts 
d'0rient. L'eglise Sainte-Sophie de Gonstantinople etait, pour ces 
artistes, un type, une oeuvre incomparable, le supreme effort de l'intel- 
ligence humaine. Depuis la renaissance des arts sous Gharlemagne, on 
ne croyait pouvoir mieux faire, sur une bonne partie du continent. eu- 
ropeen, que de se rapprocher des types byzantins, ou tout au moins de 
s'en inspirer. Eh bien! si nous examinons les coupes de leglise Sainte- 
Sophie, nous voyons que la grande coupole centrale est contre-butee, 
dans le sens longitudinal, par deux demi-coupoles ou quarts de sphere, 
et que, dans l'autre sens, dest-a-dire des bras de croix correspon- 
dant aux transsepts de nos eglises, cette coupole est contre-butcc 
par une suite d'arcs-boutants qui viennent Tenserrer, absolument 
comme les demi-berceaux de l'humble eglise de Not-re-Dame du Port 
enserrent sa petite coupole. Sous la coupole de Sainte-Sophie, comme 
sous celle de Notre-Dame du Port de Glermont, nous voyons les murs 
lateraux perces d'arcatures. A Sainte-Sophie, cette arcature est une or- 
donnance d'architecture d'une grande richesse; a Notre-Dame du Port, 
ce sont trois modestes arcades supportees par trois petites colonnes. 
A11 fOÜÜ, le PPiHCiPG GSt le meme, et il faut dire, a la louange de l'archi- 
tecte auvergnat, que, tout en s'inspirant du principe de construction 
d'un editice immense, il a su Fapproprier a Fechelle de sa modeste
        

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