Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1119793
[f CIVILE ]  243  [ CONSTRUCTION ] 
et les paysans de miserables brutes; que cette societe est mue par de 
ridicules superstitions et se soucie peu de la morale. Mais nous voyons 
a travers ce chaos naitre sans bruit une classe d'hommes qui ne sont 
ni religieux, ni nobles, ni paysans, s'emparant de l'art le plus abstrait, 
celui qui se prete aux calculs, aux developpements logiques; de l'art 
auquel chacun doit recourir, car il faut se loger, se garder, se defen- 
dre, faire des "temples, des maisons et des forteresses. Nous voyons cette 
classe attirer autour d'elle tous les artisans, les soumettre a sa disci- 
pline. En moins d'un demi-siecle, cette association de travailleurs in- 
fatigables a (lecouvert des principes entierement nouveaux, et qui peu- 
vent s'etendre a l'intini; elle a fait penetrer dans tous les arts l'analyse, 
le raisonnement, la recherche, a la lalace de la routine et des traditions 
decrepites; elle fonde des ecoles; elle marche sans s'arreter un jour, 
isolee, mais ordonnee, tenace, subtile, au milieu de l'anarchie et de 
Findecision generale; elle franchit les premiers echelons de l'industrie 
moderne dont nous sommes tiers avec raison. Et parce que cette asso- 
ciation passe son temps au travail au lieu de tracer des memoires a sa 
louange; parce que ses membres, plus soucieux de faire triompher leurs 
principes que d'obtenir une gloire personnelle, inscrivent a peine leurs 
noms sur quelques pierres ; qu'a force de recherches ils arrivent a l'abus 
meme de ces principes; parce qu'enfin cette association est ecrasee 
sous les trois derniers siecles dont la vanite egale au moins Yeclat, 
nous serions assez ingrats aujourd'hui pour ne pas reconnaitre ce que 
nous lui devons, assez fous pour ne pas profiter de son labeur? Et pour- 
quoi cette ingratitude et cette folie?Parce que quelques esprits paresseux 
ont leur siege fait et pretendent conserver les principes d'un art mort, 
qu'ils se gardent de mettre en pratique, qu'ils nenoncent meme pas 
clairement ?Qui sont les esprits retrogrades ? Sont-ce ceux qui nous con- 
damneraient a reproduire eternellement les tentatives incompletes 
ou mal comprises faites par les trois derniers siecles pour regenerer 
l'architecture des Romains, ou ceux qui cherchent a remettre en hon- 
neur les ressources d'un art raisonne et audacieux a la fois, se pretant a 
toutes les combinaisons et a tous les developpements que necessitent 
les besoins variables de la civilisation moderne? La balance de l'his- 
toire des arts serait juste si l'on voulait la tenir d'une main impartiale, 
si l'on ne mettait pas toujours dans ses plateaux des noms au lieu d'y 
placer des faits, des individualites au lieu de monuments. Qu'avons- 
nous, en effet, a opposer a des noms comme ceux de Dioti Salvi, d'Ar-_ 
nolfo di Lapo, de Brunelleschi, de Michelozzo, de Baltazar Peruzzi, de 
Bramante, de San-Micheli, de Sansovino, de Pirro Ligorio, de Vignola, 
d'Ammanati, de Palladio, de Serlio, de Jean Bullant, de Pierre Lescot, 
de Philibert de l'Orme, de Ducerceau, etc... ? Deux ou trois noms ärpeine 
connus. Mais si nos monuments francais du moyen äge pouvaient par- 
ler; s'ils pouvaient nous donner les noms modestes de leurs auteurs; 
si surtout, en face des oeuvres des hommes que nous venons de citer, 
ils pouvaient nous montrer tous les mysteres de leur construction, cer-
        

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