Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1119671
[ CIVILE ]  231  [ CONSTRUCTION "j 
que son axe B tombera en B' en dedans de liaxe inferieur A; 20 parce 
que le parement exterieur offrira une surface moins compressible que 
le parement interieur : donc ce mur ainsi construit exercera contre 
les bouts des poutres G une pression d'autant plus puissante, que ces 
planchers seront plus eleves au-dessus du sol; donc il sera superflu de 
chainer les murs, qui, loin de tendre a s'ecarter, auront au contraire 
une propension a s'incliner vers le centre du batiment. 
On voit, par cet exemple, que, bien que la construction civile du 
moyen age ait son caractere propre, distinct de la construction reli- 
gieuse, cependant les architectes cherchent, dans l'une comme dans 
l'autre, a remplacer les masses inertes par des forces agissantes. Dans 
les constructions civiles, les planchers sont consideres comme des etre- 
sillonnements poses entre des murs qui tendent a se rapprocher, Ainsi 
ces planchers sont roidis par la pression des murs, et l'ensemble de la 
batisse offre une grande solidite par suite de ces pressions contre un 
etresillonnement. 
Les constructeurs du moyen age font preuve, dans les combinaisons 
des voütes tenant aux edifices civils, d'une grande independance : le 
berceau, la votite d'arete romaine, la voüte gothique en arcs (Pogive, 
plein cintre ou surbaissec, la voüte composee d'arcs espaces supportant 
des plafonds ou des votitains, tout leur est bon, suivant l'occasion ou 
le besoin. Lorsque, dans l'architecture religieuse, ils ne suivaient plus 
qu'un seul mode de voüte, dest-a-dire pendant les XIIIG et XIVe siecles, ils 
avaient cependant le bon esprit de nappliquer ce systeme, dans les con- 
structions civiles, qu'autant qu'il offrait des avantages. Souvent des ba- 
timents tres-lzirges necessitaient Ferection d'un ou deux rangs de piliers 
a Finterieur pour porter les planchers des etages superieurs, ainsi que 
nous l'avons vu plus haut: alors le rez-de-ehaussee etait generalement 
voüte; mais comme ces quilles superposees, etresillonnees seulement 
par les planchers, n'avaient pas de stabilite, on faisait en sorte de les 
bien asseoir, au moins sur les piles inferieures portant les voütes, 
et, dans la crainte decraser les sommiers de ces ventes sous la charge, 
on les rendait independants des piles. 
Ainsi, par exemple (fig. 127) : soit une pile A de rez-de-chaussee des- 
tinee a porter des vontes, on etablissait sur cette pile deux ou trois as- 
sises B formant encorbellement sur les quatre faces ; on obtenait ainsi 
un repos G. Aux angles, on posait des sommiers D suivant les diago- 
nales du (rarre, pour recevoir les claveaux E des arcs ogives de la voüte; 
au centre, on continuait d'elever librement la pile G recevant les plan- 
chers superieurs, puis on fermait en moellon les remplissages H des 
voütes. Les sommiers de ces voütes, non plus que des remplissages, ne 
recevaient aucune charge, et le massif garnissant les reins ne faisait 
qu'etresillonner les piles. Craignant l'action des poussees au rez-de- 
chaussee sur des murs qui nletaientpas toujours munis de contre-forts, 
les constructeurs etablissaient souvent de tres-puissants encorbelle-
        

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