Bauhaus-Universität Weimar

Titel:
[Construction-Cyborium]
Person:
Viollet-le-Duc, Eugène Emmanuel
Persistente ID:
urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1117188
PURL:
https://digitalesammlungen.uni-weimar.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:gbv:wim2-g-1119336
[ DEVELOPPEMENTS ]  197  L CONSTRUCTION 1 
les moeurs. Des que les architectes du moyen äge ont compris que la 
structure de leurs edifices voütes les amenait a multiplier les charges 
verticales pour resister a toute pression oblique, ils ont franchement 
pris leur parti, et comme il faut necessairement que, dans un edifice, 
la ligne horizontale l'emporte sur la ligne verticale, ou celle-ci sur la 
ligne horizontale, a moins de se resoudre a faire de veritables echi- 
quiers, ils sont arrives a supprimer presque completement la ligne ho- 
rizontale, ne conservant plus celle-ci que comme arasement d'etages, 
pour indiquer un repos mterieur, un sol. D'ailleurs, toujours de plus en 
plus consequents avec leurs principes, les maitres des (ieuvres, ala fin 
du xme siecle, indiquent clairement, a Pexterieur des edifices, l'ordon- 
nance interieure, et en cela nous ferions bien de les imiter. Examinons 
un batiment gothique a Pexterieur, nous dirons s'il est vofite en pierre 
ou s'il est couvert par une charpente 1. Ses pinacles nous indiqueront 
le nombre de ses points d'appui interieurs; ses bandeaux, les arases 
au-dessus des voütes; la puissance de ses contre-forts, Yenergie des 
poussees, leur direction; ses fenetres, le nombre des formerets et des 
travees; la forme des combles, le perimetre des diverses salles, etc. 
A Saint-Urbain de Troyes deja, les divers membres de la construc- 
tion sont si delicats, ils possedent chacun une fonction si nette et in- 
dependante, que l'architecte les assemble, mais ne les relie pas ; il les 
pose a cote les uns des autres, les maintient ensemble par des embre- 
vements, desincrustements, comme de la menuiserie; mais il evite de 
les liaisonner, car le liaisonnement produit Phomogeneite de toutes les 
parties, et c'est ce que le constructeur redoute, dans l'emploi d'un sys- 
teme ou toute partie de la construction agit, resiste, possede son action 
ou sa resistance propre, action et resistance qui ne peuvent etre effi- 
caces qu'autant qu'elles sont independantes. Au commencement du 
XIVe siecle, ce parti pris de laisser a chaque membre de la construction 
francaise sa fonction propre, et de reunir ces membres en raison de la 
fonction particuliere a chacun d'eux, est pousse jusqu'a Fexageration 
du principe. Cela est bien sensible dans un monument fort interessant, 
eleve de 1320 a1330: nous voulons parler du chfeurde Peglise Saint- 
Nazaire de Garcassonne, l'une des rares conceptions originales d'une 
epoque pendant laquelle l'art de l'architecture tombait (leja dans l'ap- 
plication des formules et laissait de cote toute tentative nouvelle, toute 
expression individuelle. 
L'examen attentif, l'analyse de ce monument, nous ont revele un fait 
1 A ce propos, et pour dcmontrer jusqifä. quol point les opinions sur l'architecture sont 
fausses aujourd'hui, nous clterons ce jugement d'un homme fort äclairc d'ailleurs, qui, voyant 
des contre-forts cxtericurS illdiflllää dans un projet, pretendzlit les faire supprimer par l'ar- 
chitecte, on donnant 11011? 11115011 que les progräs de la construction devaient faire renoncer 
ä ces appendices appliques aux erliflces dans des temps barbares, ct qui n'indiquent autre 
chose que l'ignorance,  Autant dire que nous sommes trop civiliscs pour etre vrais, 
et que le mensonge est la marque la plus certaine du progres.
        

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